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 Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]

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Saskia Idunadottir
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MessageSujet: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Jeu 23 Fév - 17:35

Le soleil descendait sur l'horizon, se reflétant sur l'eau et diffusant dans le ciel dégagé des couleurs chatoyantes. L'air était doux, et le vent, calme, soulevait lentement les mèches blanches de la jeune femme. Les bras tendus devant elle et la respiration lente, elle fixa le peu de nuages qui constellaient le ciel, se concentrant sur leurs formes et la façon dont ils se déplaçaient subrepticement.

Nous pourrions aller beaucoup plus vite si tu me laissais t'aider.

Les pieds nus plongés dans l'eau, Saskia sursauta lorsque l'un de ses trois gardes personnels, Hilding, intervint soudain :

- Il va falloir rentrer, maintenant.

La jeune femme fronça les sourcils, et l'ignora. Ses paupières se fermèrent, ses longs cils chatouillant ses pommettes, et elle souffla doucement. Ses petits poings se serrèrent fermement sur sa crosse, qu'elle leva à hauteur de visage. Elle inspira profondément, concentrant toutes ses pensées sur les petites étoiles qui dansaient à l'intérieur de sa crosse ; et alors que ses sourcils se fronçaient et que ses bras commençaient à trembler sous l'effort...

- Votre Mère n'apprécierait pas que nous soyons en retard.

Laissant échapper un petit cri exaspéré, Saskia se tourna vers Hilding et lui jeta un regard noir. L'homme haussa les épaules avec un air désintéressé.

Derrière lui, Ole s’esclaffa suite à une blague de Sunniva, ses longs cheveux noir de jais retombant en cascade sur son visage fin et son regard espiègle. Pensive, la voleuse de rêves l'observa essuyer une larme du revers de sa main. La ressemblance était bien loin d'être évidente, mais Ole ne cessait de lui rappeler le meilleur ami d'enfance de son grand frère Niklas. Cela faisait des années que Saskia ne l'avait pas revu ; et la jeune femme n'avait jamais su la raison pour laquelle le garçon avait cessé de leur rendre visite, au Palais. Elle se rappelait essentiellement de ses sourires et de la gentillesse qu'il montrait à son égard - bien plus de gentillesse que certains de ses propres frères, à bien y réfléchir. Non pas que Saskia n'aimait pas ses frères - elle aimait chacun d'eux du plus profond de son âme -, mais Sverre prenait de plus en plus de plaisir à l'ignorer, et Esben et Hallvor n'étaient pas les frères les plus présents qui soient.

Distraitement, elle passa son pouce sur la cicatrice qui barrait sa lèvre supérieure.

- J'étais sérieux, il nous faut rentrer, insista Hilding, interrompant le fil de ses pensées.

Sunniva et Ole se rapprochèrent d'eux, et la première prit la parole à son tour :

- J'ai ouï dire que vos frères Hallvor et Esben sont rentrés de raid cet après-midi. Votre mère aimerait probablement réunir le plus de ses enfants possible autour d'un repas, avant qu'ils ne partent à nouveau.

Saskia soupira et se détourna de ses gardes. Le soleil avait fini par disparaître à l'horizon, et au loin, les lumières de la villes avaient commencé à s'allumer.

- Je n'ai pas fini de m'entraîner, répondit-elle enfin avec frustration.

- Et vous aurez tout le temps du monde pour le faire plus tard, rétorqua Hilding en lui tendant la main.

Saskia le regarda en plissant les yeux.

Qu'il est ennuyeux, se plaignit la Voix, au creux de son oreille. Si tu me laissais faire, je ferai en sorte de nous en débarrasser pendant quelques heures. Tu aurais le temps de t'entraîner davantage.

La jeune femme leva les yeux au ciel. Non merci. Maintenant, tais-toi.

L'Autre renifla au fond de son esprit. A ta guise.

Saskia ignora la main tendue vers elle et sortit de l'eau. Elle glissa ses pieds mouillés dans ses bottes, grimaçant d'inconfort, et haussa un sourcil à l'attention de Hilding et des autres. Le premier hocha imperceptiblement la tête, et ouvrit la marche en direction du Palais.




Ils ne marchèrent que quelques minutes avant d'atteindre les premières chaumières, aux abords d'Oslo. Leurs toits étaient recouverts d'herbe et de plantes aux couleurs rouge et orangée de l'automne, et la plupart des cheminées recrachaient des fumées grisâtres. Ole sifflotait gaiement en faisant tournoyer d'une main sa lance, tandis que fidèle à elle-même, Sunniva racontait une nouvelle plaisanterie de son cru. Saskia l'écoutait distraitement, un petit sourire aux lèvres. Les blagues de la garde étaient toujours douteuses et souvent de très mauvais goût, mais elles ne cessaient jamais d'amuser les autres.

Soudain, devant eux, Hilding se stoppa brutalement. Rapidement, Ole et Sunniva vinrent se placer à ses côtés, et Saskia dut se hisser tant bien que mal sur la pointe des pieds pour essayer de voir ce qu'il se passait. Alors qu'il lui semblait apercevoir une main blafarde, la paume d'une autre vient s'écraser contre ses yeux, l'empêchant d'en distinguer davantage. Elle lâcha un petit couinement en se sentant soulevée, la main toujours fermement plaquée contre son visage, et entendit Hilding ordonner d'une voix sèche :

- Sunniva, Ole, je veux que vous fassiez le tour des maisons alentours le plus rapidement possible. Je me charge de ramener Saskia jusqu'au Palais, et je ramènerai de l'aide avec moi.

- Hilding, qu'est-ce qu'il se passe ? demanda la fille du Jarl, une pointe de panique perçant dans sa voix.

Dis-lui de nous lâcher !

Le garde ne répondit pas, et la balança sans ménagement sur son épaule. Alors qu'il commençait à courir, Saskia parvint à se redresser pour tenter d'apercevoir ce qui avait fait paniquer ses gardes personnels. La scène disparut en quelques secondes derrière l'une des maisons mais la jeune femme avait eu le temps de voir. Et ces quelques secondes avaient été largement suffisantes pour lui donner une terrible envie de rendre son dernier repas. Au centre des chaumières avaient été empilés ce qui semblaient être plusieurs dizaines de corps, s'élevant en un pilier de membres intriqués, badigeonnés par endroits de sang et explosés en lambeaux par d'autres. Les parties encore intactes dénotaient du reste par leur teinte livide, et Saskia avait crut entrevoir une minuscule tête au crâne fendu, au milieu du carnage.

Un enfant, précisa la Voix dans sa tête. C'était la tête d'un enfant.

Tais-toi ! ordonna Saskia en serrant les dents.

- Pose-moi par terre, Hilding. Pose-moi par terre tout de suite ! exigea la jeune femme en se débattant.

Le sang lui battait aux tempes et des tâches violacées lui brouillaient progressivement la vue. Un cri déchirant perça soudain un peu plus loin d'eux, et fut rejoint par une multitude d'autres. Alors qu'elle venait de lui assigner un coup de coude à l'arrière du crâne du garde, d'un geste agile, celui-ci déposa Saskia sur ses deux pieds en bougonnant. La jeune femme planta sa crosse au sol, s'en servant comme appui pour tenter de reprendre son équilibre. Les deux mains de Hilding vinrent s'ancrer sur ses épaules, et l'homme chercha des yeux son regard. Lorsqu'il parvint à retenir son attention, il secoua vivement la tête et dit :

- Mon but est de vous garder en vie. Ragnarök pourrait être à nos portes que je me ficherai de tout ce qu'il pourrait se produire ; excepté ce qui concernerait votre vie. Vous vous rendez quelque part, je m'y rendrai avec vous. Vous sautez d'un pont, je serai là pour vous rattraper - ou je mourrai avant vous. Je dis "Nous retournons au Palais pour votre sécurité", nous retournons au Palais pour assurer votre sécurité.

Saskia le regarda, confuse ; sa vision était trouble et sa tête lui tournait. D'autres cris se faisaient entendre, et certains semblaient bien trop proches.

- Des enfants crient, nota la jeune femme la voix tremblante.

Alors que Hilding resserrait sa prise sur son épaule, une quinzaine de personnes surgit d'entre les chaumières, les armes pointées sur eux. Le garde plaça Saskia derrière lui, observant avec attention les hommes et les femmes les encercler. La fille du Jarl, recroquevillée derrière lui et serrant sa crosse contre elle, l'observa poser une main sur sa hache nordique.

- Tout doux, lança un des hommes face à eux. Tu peux encore survivre si tu le veux, l'ami. Il nous suffit de nous donner la fille.

Devant elle, les épaules de Hilding furent soudain secoués par ses rires. Saskia observa avec horreur son garde détacher sa ceinture, pour faire tomber sa hache au sol. Les hommes et les femmes autour d'eux se redressèrent, affichant un air vaguement curieux, alors que la voleuse de rêves sentait son cœur rater des battements.  

Hilding tourna légèrement la tête vers elle, et alors qu'un sourire un peu fou déformait son visage, il lança :

- Je risquerai de me blesser si je gardais ma hache à la taille. Fermez les yeux, Saskia, et comptez jusqu'à trente ; j'en aurais fini d'ici là.

Et, à voix si basse que Saskia peina à l'entendre :

- Du moins, j'espère.

La jeune femme ferma les yeux et commença à compter. Des bruits horribles se firent entendre ; des os craquaient, des vêtement se déchiraient, et un grondement sourd lui donna l'impression de résonner au plus profond de son corps. Des cris d'horreur et de douleur. Quelque chose s'affaissant lourdement sur le sol. Des grognements. Des hurlements. Meurtris, écorchés, arrachés, écartelés, dépecés. Quelque chose de chaud gicla sur son visage. Saskia rouvrit les yeux.

Du sang, des entrailles - un massacre ; et au milieu, un lycanthrope. Des flèches plantées dans le corps, une lance dépassant de son dos ; il faisait face à quatre ennemis, eux aussi transformés. Une femme arqua une flèche, visant la bête qui s'apprêtait à sauter sur les autres.  Saskia leva sa crosse devant elle, les mains tremblantes. Au fond de son esprit, la Voix rugissait, faisant bouillonner son sang.

Laisse-moi faire, laisse-moi faire, laisse-moi faire...

Un violent coup s'abattit à l'arrière de son crâne, et Saskia tomba en avant.



Lorsqu'elle reprit connaissance, la voleuse de rêve eut l'impression d'avoir le cœur enserré dans un étau glacé. Sa bouche était pleine d'eau, qu'elle peina à recracher alors qu'un récipient était pressé de force contre ses lèvres. Soulevée par la nuque, la tête penché en arrière, elle parvint à distinguer le regard moqueur de celui qui l'obligeait à boire. Sa vue se brouilla de larmes. Lorsqu'elle tenta de se débattre, elle remarqua enfin que ses mains étaient liées dans son dos, et que ses pieds étaient restreints.

Au-dessus d'elle, l'homme se mit à rire grassement, et retira finalement le récipient lorsque celui-ci fut vide. Saskia toussa péniblement, la gorge douloureuse. Elle jeta un rapide coup d’œil autour d'elle, découvrant moins d'une dizaine d'hommes et de femmes près d'eux. Tous semblaient avoir été blessés, et l'un d'eux avait un bras en moins. Les arbres qui les entouraient étiraient des ombres inquiétantes sur leurs visages, et si certains affichaient de grands sourires, la plupart avaient le regard terne et mort.

La crosse, où est la crosse ; sans la crosse on ne peut rien faire !

Saskia chercha des yeux sa crosse, le cœur battant à la chamade. Elle déglutit, et son regard se reporta sur l'homme qui l'avait fait boire alors que celui-ci se penchait sur elle :

- On a bien dormi, poupée ? Tu as fait une très longue sieste.

Il lui adressa un clin d’œil, et continua en se redressant :

- Quand on nous a engagé pour t'enlever, j'avais pensé que la tâche allait être beaucoup plus ardue ; mais honnêtement, nous n'avons eu aucun mal à nous débarrasser de tes gardes.

- On a perdu onze des nôtres, cingla une femme à leur droite, la voix froide.

L'homme leva les yeux au ciel, et soupira :

- Oui, effectivement. C'est le dernier qui nous a donné bien plus de fil à retordre. Comment s'appelait-il déjà...? Hilding ? Il s'est débattu comme un fou mais a vite déchanté quand je lui ai crevé les yeux, puis arraché le cœur de la poitrine.

Saskia ferma les yeux et exhala un soupir tremblant. Au-dessus d'elle, l'homme continua avec un rire amer :

- Mais Vigdis a raison, nous avons perdu onze des nôtres... Et on l'a un peu en travers de la gorge. Alors bien sûr, nous avons l'interdiction formelle de te tuer, mais rien ne nous retient de nous amuser un peu avec toi, en attendant de reprendre la route...

Les yeux de Saskia s'écarquillèrent lorsque l'homme lui boucha le nez. Un nouveau récipient fut pressé contre ses lèvres, et l'eau se remit à couler sans interruption dans sa gorge. Autour de la jeune femme, les autres s'étaient mis à rire.



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Niklas Goðbarn Nominoeson
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Jeu 23 Fév - 21:59

Pendant ce temps à Oslo...


Il ne restait plus grand chose de l'être que j'observais. Au vu de sa corpulence, il avait dû s'agir d'un homme. Ses orbites vides, et son visages défiguré, le rendait méconnaissable. Sa poitrine était ouverte en deux, et son cœur pourrissait plus loin dans la boue. Personne n'aurait pu reconnaître cet homme... Mais il gisait à côté de lui une hache, de bonne facture, la hache que je lui avais donné lorsque je lui avais fait promettre de défendre ma sœur au péril de sa vie. Hilding semblait avoir payé sa dette.

Tout en restant accroupi au dessus de ce qui avait été un homme, je levais les yeux vers cet amas de corps. C'était morbide, cruel, inhumain, mais présenté comme une oeuvre d'art - oeuvre de mauvais goût - mais il y avait un but, un objectif derrière cette empilement : celui de faire frémir même le plus endurci krieger.

Tout autour de moi, les gardes du Suðrið cherchaient des survivants, et constataient les destructions. D'après les premiers rapports, un groupe de mercenaires, nombreux, lourdement armés, et très bien préparés, avait pénétré dans les quartiers Nord-Ouest d'Oslo et tué tout ceux qui n'avaient pas fuit à temps. L'attaque avait été brutale, et quand la garde était arrivée, les assaillants étaient déjà partis...

Et Saskia n'était pas rentrée pour le repas...

Elle était partie ce matin pour le Sognvann avec ses gardes personnels - gardes du corps qui gisaient autour de lui.
Deux hommes s'approchèrent dans mon dos, et l'un deux commença à me parler gravement :
"- Saskia n'est pas ici Niklas.
- Quelle surprise Esben, répliquai-je en soupirant d'exaspération.
- Ce que je veux te dire, c'est qu'elle n'est pas parmi les corps."
repris l'homme.

Je me redressai et me tournai vers mes deux frères :
"- Quelle surprise ! Quand-est-ce que quelqu'un va me donner une information que je ne sais pas ! Clamai-je assez fort et violemment pour que les kriegers autour de moi s'affairent plus rapidement.
- Des hommes sont rentrées sur nos terres ! Ont tué nos bogaris ! Ont enlevé la sœur du Jarl Nominoé ! Et personne ne les a vu vernir, ne sait qui ils sont, ni où ils sont ?"
Clamai-je aux hommes présents.

Les gardes me lancèrent des regards craintifs, et même mes frères baissaient les yeux en crispant la mâchoire. On avait intérêt à vite m'apporter un renseignement ou je n'allais pas me retenir de prendre un jumeau pour taper sur l'autre. Ceci aurait été légèrement contre-productif, si ce n'était me calmer et me permettre de réfléchir un peu mieux à la situation.
Et bien sûr ce filou de Sverre, le seul qui aurait pu savoir "miraculeusement" quelque chose n'était pas là !
Je jetai un coup d’œil au "totem de chair". Il faudrait envoyer un hibou à Rorik, il saurait peut-être quelque chose à ce sujet.
Un krieger, un peu moins peureux que ses collègues, s'approchait de moi et déclara fièrement :
"- Seigneur, des hommes ont trouvé des traces qui partent dans la forêt, une troupe est en train de remonter la piste !
- Une troupe remonte la piste ! M’exclamai-je. La fille du Jarl est enlevée et vous envoyez "une troupe" pour la retrouver !"


L'homme qui semblait sûr de lui il y a quelques instants fuit mon regard et bégaya sans réussir à dire de propos cohérent.
Je me tournai vers mes frères :
"- Hallvor ! Esben ! Rassemblez vos rands et remontez cette piste. Hallvor, avant de partir envoie un message à Rorik au sujet de cet amas de chair, qu'il trouve qui sont ces hommes. Capitaine, mettez moi plus "d'une" troupe à la recherche de ma sœur, et s'il faut déraciner tous les arbres de cette forêt pour la retrouver, c'est ce que nous ferons."

Je remis ma lance et mon bouclier sur mes épaules et me tournai vers le capitaine :
"Et montrez moi cette piste, je commence la traque."


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Tata Samedi
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Ven 24 Fév - 22:33

Une petite brise glacée bruissait à travers les feuillages de grands sapins. Quelque part sur l'horizon, un soleil couchant traçait une ligne vermeille parmi un ciel clair et dégagé. Allongée sur le dos à l'arrière d'un chariot, Samedi regardait un petit nuage solitaire traverser lentement la voûte céleste.

"On sera bientôt arrivés en ville, mam'zelle," dit le chauffeur du chariot. C'était un homme âgé, un marchand aux commandes d'un chariot rudimentaire tiré par une étrange créature semblable à un cheval, mais possédant six pattes et des cornes sur la tête. Un Sleipnir, il y en avait beaucoup des comme ça dans le sud de la Sakania. Un genre de fée pacifique idéal pour s'en faire une monture ou une bête de trait. "Vous êtes déjà allée à Oslo auparavant?" demanda-t'il sur le ton de la conversation.

"Hmm?" fit Samedi, tirée de ces rêveries par la voix du marchand. "Oslo? Non, je n'y suis encore jamais allée. Pourquoi ça?"

"Oh, pour rien, j'étais simplement curieux. Vous connaissez des gens là-bas?"

"Non, personne." Samedi se redressa et s'assit, le dos appuyé contre l'une des nombreuses caisses encombrant le chariot.

"Qu'est-ce qui vous y amène, si ce n'est pas trop indiscret?"

Samedi réfléchie un moment à une réponse. Elle n'avait pas de réelle raison d'aller à Oslo, elle arpentait la région depuis quelques semaines, allant de village en village, remplissant de petits services liés à sa profession de chaman. Hormis cela, elle voyageait simplement.

"Je ne sais pas trop, j'ai toujours eue envie de visiter la ville..." En levant les yeux au ciel Samedi vit les ténèbres gagner du terrain sur les derniers rayons du soleil. Il allait faire nuit dans très peu de temps. Déjà, quelques étoiles clignotantes étaient visibles par-ci par-là dans le ciel d'un bleu d'encre.

"On arrivent aux abords de la ville, si le cœur vous en dit vous je connais une très bonne auberge pas loin où vous pourrait passer la nuit. Le tenancier est mon frère, il pourra même vous faire une ristourne," proposa le marchand.

"Pourquoi pas," dit Samedi en souriant. Elle était de dos par rapport à l'homme et il ne la vit pas, mais l'intention y était.

"Parfait! Et puis, vous savez ce qu'on dit des auberges en villes, pas vrai?"

"Pas vraiment, qu'en dit on?"

"Ben qu'elles sont toujours trop chères!" répondit-il en s’esclaffant. "Vous savez, rien ne vaut le confort et la qualité des bourgades encerclant la ville que la ville elle-même. Et aussi... Mais qu'est-ce que...?" Il ne riait plus maintenant.

Samedi se retourna vers là où pointait le regard du marchand, vers les chaumières aux abords d'Oslo, et comprit ce qui avait coupé le souffle à l'homme. Des volutes de fumées sombres s'échappaient des chaumières éventrées et aux toits effondrés. ici et là quelques flammes brûlaient encore dans des braseros ou couraient le longs des quelques poutres encore debout, squelettes de moult habitations ravagées. Des amoncellements de cadavres jonchaient les rues, une puanteur de sang et de cendres flottait au-dessus de ce lieu de désolation.

"Qu'est-ce qu'il s'est passé ici?" murmura le marchand, la terreur perçant dans sa voix. Il arrêta son véhicule, il y avait trop de débris et de corps, les routes n'étaient plus praticable en chariot.

Samedi sauta du chariot et s'avança dans les lignes macabre. Des corps. Partout. Mutilés, déformés. Des traces de combats, d'armes et de griffes comme celles de bêtes sauvage...

"C'est quoi ça là-bas?" Le marchand s'approcha de samedi et pointa la main vers une étrange structure au milieu de l'intersection de plusieurs voies. Un structure faite de chair et d'os. Un totem construit avec des morceaux épars de cadavres et érigé là, comme un trophée ou un symbole. "Qu'est-ce que c'est que ce bordel? Qui ferait un truc pareil?" Le marchand semblait choqué au plus profond de son être.

Samedi s'agenouilla à côté d'un cadavre qui paraissait ne pas avoir trop souffert - enfin pas plus que la souffrance amené par une lance en travers de la poitrine - et plaça ses mains sur son front.

"Qu'est ce que vous faites mam'zelle?"

"Je récolte des informations, je vous conseille de vous écarter un peu."

Il y avait bien un moyen d'en apprendre plus sur ce qu'il s'était passé ici. Mais ce ne serait pas gratuit. Et ce serais très désagréable.

La chaman ferma les yeux et se concentra sur son Pouvoir. Comme si ce fut une rivière, elle le canalisa et le dirigea vers le corps inanimé pour momentanément lui donner une dernière étincelle de vie. Le cadavre ouvrit ses paupières et révéla deux yeux éclairés d'une lueur verdâtre. Des spasmes parcoururent le cadavre qui s'animait de mouvements inhumains.

Le marchand laissa échapper un cri de surprise et recula de terreur. Jamais auparavant il n'avait vu quelque chose comme ça.

"Qu'est-ce qu'il s'est passé ici?" demanda Samedi au cadavre.

"... aaarrrr..." Un râle venu de par-delà la mort. "Jeune fille... Guerriers... Hommes-loups... Ils ont enlevés la fille... Massacré tout le monde... Brûlé... Tué..."

"Où est-ce qu'ils sont allés? Qu'est-ce que c'est que ce totem?" Samedi secouait le cadavre, la lueur dans ses yeux morts s'estompait rapidement.

"... aaarrrrr... Nord... Vers le Nord... Ils sont partis... Monstres... Aaarrrrgh!" Le cadavre se tut. Définitivement cette fois.

Samedi relâcha son étreinte sur lui et souffla de fatigue. Ranimer les morts, ne serais-ce qu'un instant, n'était pas chose aisée. Et ça drainait toute son énergie.

"C-comment vous avez fait ça? Le mort, il a parlé, j'ai pas rêvé?" Le marchand aida Samedi à se relever, estomaqué par ce dont il venait d'être témoin. "Votre main... Vous allez bien mam'zelle?"

Samedi se mit la tête entre les mains pour contenir son mal de crâne grandissant et remarqua ce dont parlait l'homme. Sa main gauche avait quelque peu changée d'apparence. Désormais elle était sèche et noueuse, comme si faite de bois. Un effet secondaire du sortilège, ça passerait dans quelques minutes. Elle ne maîtrisait pas encore très bien le réveil des morts et cela lui pompait tout son énergie très vite. Mais un peu de repos et ça irait mieux.

"Des gens s'approchent mam'zelle, on devrait aller se cacher avant qu'ils nous trouvent, se sont peut-être les monstres qui ont fait ça qui reviennent." Il la pris par un bras et la traîna derrière un pan de mur de chaumière encore en assez bon état. Peu de temps après des guerriers surgirent, à leurs tenues il était clair qu'il travaillaient pour le jarl.

Dans un coin plongé dans l'ombre à quelques pas d'elle, Samedi remarqua une grande silhouette maigre adossé contre un mur de pierres roussies. Une silhouette vêtue de noir, un masque blafard semblable à un crâne humain sur son visage. Il fumait un cigare ridiculement gros et souriait en direction de la jeune femme.

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Dernière édition par Tata Samedi le Sam 4 Mar - 12:40, édité 1 fois
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Saskia Idunadottir
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Lun 27 Fév - 0:41

La torture par l'eau variait selon les bourreaux, mais restait toujours identique sur un point : la personne torturée était couchée par terre et forcée à boire plusieurs litres d'eau. Cette méthode était principalement utilisée pour faire parler les victimes, mais certaines fois, elle servait simplement à les punir.

Bien évidemment, il existait de pires techniques ; et celle-ci était loin d'être poussée à son extrême. La plupart du temps, quand il s'agissait d'exécution, plus d'une dizaine de litres d'eau étaient bue, et il était courant de boucher tout autre orifice que la bouche pour que l'eau s'accumule à l'intérieur du corps. La victime mourrait habituellement d'étouffement, mais plusieurs autres cas avaient un résultat bien plus atroce et douloureux.

Saskia listait les autres méthodes de torture ; celles qu'elle jugeait pire - ou du moins essayait-elle de s'en convaincre pour se rassurer.

C'était son frère, Rorik, qui lui en avait enseigné une grande partie. Seulement théoriquement ; mais jamais la jeune femme n'avait eu à participer, ni même à assister à une torture - et encore moins à être la cible de celle-ci.

Bien évidemment, étant la fille du Jarl du Sudrid, Saskia n'avait jamais été à l'abri d'être enlevée, torturée, ou même tuée. Son père avait de nombreux ennemis, et il en allait de même pour ses frères - du moins avait-elle cru comprendre Rorik.

Le ventre ballonné, les paupières lourdes et les lèvres craquelées, Saskia peinait à rester attentive à ce qui se déroulait à côté d'elle. Deux femmes venaient tout juste de les rejoindre ; et si elle avait eu un instant l'espoir qu'ielles soient là pour la secourir, celui-ci fut rapidement réduit à néant lorsqu'elles la regardèrent avec mépris.

- Il ne faut pas prendre de risques, et il est très probable que sa disparition ait déjà été remarquée, lança l'homme qui semblait être leur chef.

- Surtout après le carnage qu'on a laissé derrière nous, répliqua Vigdis sèchement.

L'homme lui jeta un regard noir, et lui fit signe de se taire. Vigdis renifla, mais s'exécuta.

- Ylfur, reprit l'homme en pointant du doigt une jeune fille. Tu as à peu près la taille et la corpulence d'Idunadottir. On s'en tient au plan de base.

- Quoi ? répondit Ylfur en croisant les bras sur sa poitrine. Hors de question que ce soit moi, Reyr !

- Oh que si, tu vas faire ça. Et tu sais très bien pourquoi, répondit l'homme en haussant un sourcil entendu.

Ylfur se renfrogna et fuit son regard :

- C'est un plan suicidaire, marmonna-t-elle doucement.

Le regard de Reyr se radoucit, et il posa une main sur l'épaule de la jeune fille :

- J'en ai conscience, mais pense à tout cet argent que nous recevrons une fois la mission accomplie. Pense à tout ce que nous pourrons entreprendre ; à tous ces sacrifices que nous pourrons faire à notre dieu. Ne veux-tu plus le servir ?

Ylfur ancra ses yeux dans les siens, avant de hocher la tête lentement. Puis, elle se tourna vers Saskia, et afficha une moue mesquine. Se penchant vers elle, elle attrapa le pan de son écharpe et tira dessus. Poussant un gémissement plaintif, Saskia fut forcée de se mettre à genoux. Ses yeux se fermèrent sur l'effort et elle grimaça. Un bruit cinglant résonna dans sa tête au moment où la paume d'Ylfur claqua violemment sur sa joue. Saskia se sentit partir sur le côté, jusqu'à être retenue par l'écharpe qui se serra autour de son cou, l'étranglant. Tenant toujours d'une main ferme l'accessoire, Ylfur redressa de force la jeune femme, et lui offrit un sourire carnassier :

- C'est impoli de ne pas regarder son interlocuteur quand il veut s'adresser à soi.

D'un geste, elle dénoua l'écharpe du cou de Saskia, et la poussa brutalement au sol :

- Ses vêtements, maintenant, ordonna-t-elle en pointant du menton la jeune femme étendue par terre.

Reyr et trois autres hommes plongèrent sur elle. Les premiers se saisirent de ses bras, le troisième plaqua au sol ses jambes. Ils dénouèrent les liens qui enserraient ses mains et ses jambes. Quant au dernier, il s'appliqua à retirer les vêtements de la voleuse de rêve, laissant échapper un rire gras lorsque Saskia tenta de se débattre sans succès. Des cris faibles s'échappèrent d'entre les lèvres de la jeune femme, alors que les larmes lui montaient une nouvelle fois aux yeux.

S'il-te-plaît, s'il-te-plaît, s'il-te-plaît...

Au fond de son esprit, la Voix s'était recroquevillée honteusement, se balançant convulsivement et marmonnant avec douleur : Je suis désolé, je ne peux rien faire sans la crosse...

Lorsque le dernier de ses vêtements lui fut retiré - bottes comprises - Saskia sentit le souffle chaud de Reyr tout près de son oreille ; son haleine fétide chatouillant désagréablement ses narines et lui donnant envie de vomir :

- Ça n'aurait tenu qu'à moi, je ne me serai pas arrêté là... mais le client n'apprécierait sans doute pas, et qui suis-je pour le mécontenter ?

Une langue râpeuse lécha la joue de Saskia sur toute sa longueur, et d'instinct, la jeune femme réagit et heurta violemment son crâne contre la tête de Reyr. Celui-ci se recula vivement, basculant en arrière sur les fesses, et ses mains se portèrent à son nez explosé.

- La saloperie ! jura-t-il, ses doigts se maculant rapidement de sang.

A côté d'eux, un des hommes avaient envoyé les vêtements de Saskia à Ylfur, et lui lança :

- Allez, enfile-moi vite ça.

Les yeux d'Ylfur glissèrent jusqu'à Saskia, et médusée, la voleuse de rêves la regarda lui sourire, se dévêtir sur place, avant d'enfiler ses nouveaux vêtements et ses bottes. Elle passa l'écharpe violette autour de son cou, rajusta la jupe et ébouriffa d'une main ses cheveux clairs. Ce n'était qu'une copie vulgaire, mais dans l'apparence générale et de loin, elle pouvait probablement passer sans souci pour Saskia. La touche finale - terrifiante - fut apportée lorsque Reyr fit un signe, et qu'une des femmes avança avec en main la crosse de la jeune femme. La fille du Jarl sentit son cœur louper un battement lorsqu'Ylfur s'en saisit, la soupesant d'une main avant de la faire tournoyer autour d'elle.

- Tout doux, lui ordonna Reyr en s'essuyant le nez sur sa manche. Évite de casser ça, je ne sais pas ce qu'il peut arriver si la crosse d'un voleur de rêves est cassée.

Ylfur haussa les épaules, mais plaça précautionneusement la crosse devant elle :

- Rien du tout, qui sait ? Peut-être que les petites étoiles à l'intérieur s'envoleront pour rejoindre celles du ciel à la prochaine nuit ?

- Ne tentons pas le courroux des dieux, intervint un homme en croisant les bras.

Reyr hocha la tête et se releva. Il passa une nouvelle fois son nez contre sa manche en grimaçant, avant de reprendre la parole :

- On se sépare en deux groupes. Vigdis et Adíel, avec moi ; tous les autres avec Ylfur. Ne vous faites pas trop remarquer, mais n'essayer pas de passer inaperçu non plus. Notre but et de faire croire à toute la Skania qu'Idunadottir est avec vous, et que personne n'ait conscience de l'existence de notre groupe. Si tout se passe bien, il sera assez facile de les tromper ; et ils suivront alors tous la mauvaise direction. Emmenez Ylfur en Vestrið, en longeant les Scandes. Si vous n'êtes pas rattrapés là-bas, continuez jusqu'en Hálfmáni. Si par miracle personne ne vous a arrêté, débarrassez-vous des vêtements d'Idunadottir et jetez sa crosse quelque part.

Pas la crosse, non non non non... gémit la Voix .

- Rentrez ensuite à la maison, continua Reyr. La prochaine fois que vous me verrez, ce sera les poches et les sacs débordant d'or !

Des sourires fendirent les visages des membres du groupe, et certains applaudirent joyeusement. Reyr hocha la tête avec satisfaction et ordonna qu'on attache Ylfur au niveau des pieds et des mains. La crosse lui fut confisquée, mais resta près d'elle. Reyr s'approcha de la jeune fille, caressa d'une main sa joue, avant de déposer un baiser sur son front. Ylfur ferma les yeux, tremblante ; et lorsqu'elle les rouvrit, elle affichait un air déterminé et sûre d'elle.

- Que notre dieu soit avec vous, lança Reyr. Et si vous veniez à succomber quand votre tâche, sachez qu'il vous sera éternellement reconnaissant et qu'il vous accordera une place d'honneur au Valhalla.

Puis, pointant du menton Ylfur devant lui, il déclara :

- Couvrez-lui le visage.

La jeune fille laissa échapper un glapissement surpris quand un sac fut enfilé sur sa tête, et un deuxième lorsqu'un homme la souleva pour la placer sur son épaule. Puis, après de rapides échanges à voix basse, ils partirent, laissant sur place Reyr, Vigdis, Adíel et Saskia.

- On la rhabille ? demanda Vigdis en pointant du doigt la jeune femme.

Reyr secoua la tête.

- Pour quoi faire ? Rattachez-lui simplement les mains - et bandez-lui les yeux et la bouche. Elle marchera d'elle-même ; et je ne veux pas l'entendre appeler à l'aide, ni se plaindre si elle tombe, si quelque chose la gêne ou si elle fatigue.

Saskia ferma les yeux, essayant de calmer ses larmes et les battements de son cœur. La jeune femme ne savait pas comment s'en sortir, ni même si elle pouvait tenter quelque chose. Peut-être découvrir qui avait orchestré son enlèvement lui donnerait des idées ? Elle fut relevée par Adíel, et toujours nue, elle baissa la tête de honte - les joues la chauffant et d'épaisses mèches lui tombant devant ses yeux. Elle tituba quelque peu, fut rattrapé de justesse par l'homme qui l'attachait, enserrant trop fort les liens sur ses poignets, coupant la circulation de son sang. Un tissu sale fut fourré dans sa bouche, et un autre passa devant ses yeux pour être fixé à l'arrière de son crâne.

Je ne sais pas quoi faire, je suis désolé... répétait sans cesse la Voix.  

Dans le noir sinistre qui les entouraient, ils entendirent Reyr lancer ses derniers ordres :

- Allons, maintenant, ne traînons pas. Il ne faudrait pas faire attendre le client au lieu de notre rendez-vous...



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Tata Samedi
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Mar 28 Fév - 13:41

Les hommes du jarl enquêtèrent pendant un moment puis s'en allèrent en suivant une piste. Vers le nord eux aussi.

"Qu'est-ce que je fais maintenant?" se demandait Samedi en évitant de croiser le regard de la silhouette sombre qui l'observait un peu plus loin.

"On ferais mieux de s'en aller au plus vite, mam'zelle," dit le marchand, inquiet, "cet endroit ne me dit rien qui vaille..."

Une main se posa sur l'épaule de la jeune femme et elle sentit un souffle chaud près de son oreille. Décidément, se disait-elle, Legba ne la lâcherait pas de si tôt.

"Collecte son âme," murmura Legba en pointa son cigare vers le marchand.

"Non," répondit Samedi, "je ne peux pas faire ça. Il a était sympa avec moi, je ne veux pas avoir à le tuer."

"Pas mon problème. Fais-ce que je te dis." Legba resserra son étreinte sur la chaman. Il se rapprocha d'elle, son torse contre son dos, glissa sa main le long de sa poitrine et enfonça ses ongles dans la peau de son bras. "Tu sais ce qui t'attends si tu me désobéis, pas vrai?"

De son côté, le marchand guidait sa bête vers un passage moins encombré de débris et de cadavres par lequel il pourrait faire passer son chariot.

"Et si," dit Samedi en faisant fi de la présence étouffante de Legba, "j'épargnais cet homme, mais qu'en échange je te promettais davantage d'âmes dans peu de temps...?" Un plan se formait dans la tête de Samedi. Le mort avait parlé d'une jeune femme enlevée par des bandits. En soi, ce n'est pas quelque chose qui sort tellement de l'ordinaire, mais les hommes du jarl était sur leurs piste et n'ont pas tardé à intervenir. Donc cette jeune femme avait de l'importance et de la valeur...

"Hm... J'écoute." De sa main libre il porta son cigare à ses lèvres. Il souffla une bouffée de fumée qui flotta lourdement au-dessus d'eux.

"Je retrouve la trace des kidnappeurs et je récolte leurs âmes pour toi. Ça te va?"

"Peut-être..." Legba assoupli son étreinte. "Mais qu'est-ce que t'y gagnerai là-dedans? Et puis, tu serais prêt à sacrifier une seule vie en échange de plusieurs autres? Je veux dire, moi plus y'a d'âmes et plus je suis content, mais toi, ça ne te gêne pas un peu comme situation?"

"Le marchand est sympa, il vivra. Les autres sont des enfoirés de bandits et de kidnappeurs, les tuer rendra service à tout le monde. Et puis si je parviens à sauver la jeune femme je pourrais la revendre au jarl, si ses hommes vont à sa recherche c'est qu'elle a de la valeur. Donc en plus d'une bonne action je m'enrichirais." Samedi se dégagea de l'emprise de Legba et se dirigea vers le marchand.

"Fais ça, mais je t'ai à l’œil gamine..." murmura Legba en disparaissant dans les ombres.

La jeune femme farfouillant dans sa besace à la recherche d'argent mais ne trouva qu'une petite pièce de peu de valeur. Elle était... sur la paille, comme on dit, en ce moment et s'en voulais d'avance de ce qu'elle allait faire. Déjà qu'elle avait menti au marchand, elle n'avait pas d'argent pour lui dédommager du transport qu'il lui avait fourni, mais maintenant elle s’apprêtait à en plus lui voler sa monture.

Elle pris la bride du Sleipnir et s'affaira à détacher les liens qui la retenais au chariot.

"Qu'est-ce que vous faites?" demanda le marchand qui rangeai les caisses à l'arrière du chariot.

"Je suis vraiment désolée, prenez ça en dédommagement..." dit-elle en jetant la pièce dans la direction du marchand. Il l'attrapa au volant et paru étonné - à raison - de la situation. "Je sais, ce n'est pas grand chose, mais je vous promets de vous rembourser quand je reviendrais. Juré..." Elle sauta sur le dos de la bête et alla à la suite des hommes du jarl. "Vraiment désolée..."

"Mais? Qu'est-ce que... ? A-attendez..." Le marchand était perplexe et ne comprenait pas vraiment la situation, tout c'était passé trop vite.


Plus tard, quelques heures après, plus au nord d'Oslo...

Samedi allait à toute vitesse en suivant la piste des hommes du jarl dans l'espoir de les devancer. Malheureusement, elle n'était pas très bonne pisteuse et avec la nuit qui s'était confortablement installée, elle s'était un peu perdu. Beaucoup en fait, mais elle ne voulait pas vraiment se l'admettre. Et puis elle perdait un temps pas possible à cause de la monture mal acquise ; en effet, cet espèce de cheval difforme ne courait pas bien vite et n'avait pas tant d'endurance qu'il n'en avait l'air, ce qui força la chaman à ralentir l'allure. De tout les Sleipnirs qui existaient en Skania il a fallu qu'elle vole le seul qui soit un gros paresseux. Aussi, comme elle n'avait pas de torche sous la main, elle dû se repérer à la lumière des étoiles.

"Faut voir le bon côté des choses," se disait Samedi pour se remonter le moral, "au moins le ciel est clair et je vois à peu près  où je met les pieds. C'aurait pu être pire... et ma main a repris son aspect normal!" Elle leva une main vers son visage et, bien qu'on y voyait comme dans un âtre éteint, il lui était possible de discerner les contours de sa main où toutes marques du drain de Pouvoir étaient parties. "Et puis, je ne suis pas perdue, je sais très bien où je vais : trouver quelqu'un qui s'est faite enlevée!"

En revanche, si tout semblait aller à peu près bien à première vue, la situation de la jeune femme était loin d'être optimale. A force d'avancer principalement au petit bonheur la chance, elle s'était enfoncée dans les bois. Elle descendit de sa monture et la guida par la bride à travers la forêt. Elle dû quelque peu forcer la main à la bête car cette dernière ne semblait pas particulièrement intéressée par une balade nocturne en forêt. La monture était un "emprunt", Samedi se faisait un devoir d'en prendre soin jusqu'à la rendre à son propriétaire légitime, donc en attendant elle allait la traîner avec elle quoi qu'il en coûte.

Plus loin, au milieu des arbres, il y avait une lueur. Samedi s'arrêta et dû lutter pour faire s'arrêter sa monture ; maintenant que cette dernière avait commencée à marcher elle ne voulait pas cesser de si tôt. Immobile, la sorcière vaudou regarda la lueur bouger, visible puis invisible, comme quelqu'un jouant à cache-cache derrière les arbres mais n'ayant pas bien compris les règles du jeu. C'était une flamme, une torche probablement. Et il y en avait d'autres, toutes avançant dans la direction de la jeune femme.

"Des gens, je vais aller leur demander mon chemin," se dit naïvement Samedi en traînant sa monture vers le groupe de torches. Avant de juger cette-dernière, il faut au moins lui reconnaître qu'elle avait enfin admis être perdue et d'avoir besoin d'aide. Il faut voir la chope à moitié pleine...

Face à Samedi se trouvait maintenant un groupe de personnes à l'allure menaçante et, sans nul doute, aux intentions loin d'être charitables. Étonnés de croiser quelqu'un au milieu des bois au milieu de la nuit, le groupe fit halte. La chaman remarqua immédiatement un petit détail qui tranchait avec ce groupe : ils traînaient avec eux une jeune femme nue.

"Vous êtes des kidnappeurs..." dit Samedi, énonçant un genre d'évidence à la face de cette singulière assemblée. Au moins, la phase recherche aura été plus brève que prévue. La chope à moitié pleine, tout ça...


HRP:
 


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Saskia Idunadottir
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Mer 1 Mar - 0:10

Saskia avait froid, terriblement froid. Elle s'était plusieurs fois écorchée les jambes, mais ses membres engourdis ne lui permettaient pas de déterminer si les entailles étaient profondes ou non. Le bandeau autour de ses yeux l'oppressait ; le tissu dans sa bouche l'étouffait. Ses larmes s'étaient cependant taries il y avait quelques minutes - ou peut-être des heures ? Le temps lui semblait défiler lentement, mais il était plus que probable qu'un long moment se soit déjà écoulé.

Il ne lui restait que peu d'espoir ; si elle était sûre que sa famille avait pris les dispositions nécessaires pour la retrouver, il était probable qu'ils soient partis dans la mauvaise direction - celle qu'avait pris Ylfur et l'autre groupe. Et Saskia n'avait plus sa crosse.

La jeune femme grimaça de douleur lorsqu'un caillou pointu s'enfonça dans la plante de son pied. Sentant une main se presser au centre de son dos, elle se força à ne pas s'arrêter - se redressant du mieux qu'elle pouvait pour faire bonne mesure.

Je peux te raconter une autre histoire, si tu veux. J'ai encore quelques contes nocturnes en réserve qui te feront passer le temps.

La Voix, pour l'occuper, lui avait déjà narré deux contes dont Saskia n'avait jamais entendu parler. Des contes anciens, avaient dit la Voix, de ceux que les parents racontaient à leurs enfants il y avait plusieurs siècles. Saskia s'était demandée d'où la Voix connaissait ces histoires, et pourquoi elle, ne les connaissait pas. Au fond de son esprit, la Voix avait reniflé ; et si elle avait pu, elle aurait probablement haussé les épaules.

Non, pas d'autres contes, déclina Saskia.

La main contre son dos la fit tourner, avant de la pousser un peu pour que la voleuse de rêves accélère.

Soudain, près d'elle, passa quelque chose de particulièrement chaud, et Saskia sursauta.

Du feu ? suggéra la Voix avec curiosité. Une torche, probablement. Il fait encore nuit.

A moins que ce soit la deuxième nuit depuis mon enlèvement, remarqua Saskia avec amertume.

Ne pas savoir depuis combien de temps elle avait quitté Oslo énervait la jeune femme. Durant un court instant, elle fut prise de l'envie de se mettre à compter jusqu'à ce qu'ils parviennent à leur destination.

Si tu fais ça, je me débrouille pour te faire trébucher, et que tu nous assommes par la même occasion, prévint la Voix, exaspérée.

Sous le bandeau, Saskia leva les yeux au ciel.

Il y eut soudain du bruit, un peu plus loin devant eux, et la main derrière elle se posa sur son épaule pour l'obliger à s'arrêter.

Le cœur battant à la chamade, Saskia essaya de deviner ce qu'il se passait, lorsqu'une voix féminine, étrangère, perça après quelques secondes :

- Vous êtes des kidnappeurs.

La main se resserra fermement sur son épaule, et l'attira jusqu'à la presser contre un corps derrière elle. Saskia frémit malgré la chaleur que lui apportait le contact. Alors qu'elle s'apprêtait à s'éloigner, un bras l'enserra pour la retenir.

- Vous vous méprenez, ma jolie, lui parvint la voix Reyr, juste derrière elle. Nous ne faisons qu'amener cette esclave jusqu'au prochain marché pour essayer de la vendre au plus offrant.

Dans son dos, la voleuse sentit une pointe aiguisée se coller contre elle. Elle se figea brusquement, essayant de garder son calme, mais ne put se retenir de lâcher un gémissement étouffé. La pointe de l'arme se pressa contre elle, perçant légèrement sa peau, l'obligeant à se redresser davantage. Le silence s'était fait autour d'eux, et Saskia pria pour que l'inconnue n'ait pas cru aux mensonges de l'homme. Alors que la pression contre son dos diminuait - comme si Reyr retirait l'arme - la Voix intervint soudain, manquant de faire sursauter la jeune femme :

Il ne peut rien contre toi Sass, il a besoin de te garder en vie pour récupérer son argent.

C'était donc là sa chance, peut-être la seule si elle ne la saisissait pas. Elle ne savait pas si l'étrangère était armée, ni même si elle allait se ranger de son côté, mais comme disait l'ancienne expression que Rorik se plaisait à répéter : qui ne tente rien n'a rien.

Elle fit partir d'un coup sa tête en arrière, explosant pour la deuxième fois de la journée le nez de Reyr.


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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Jeu 2 Mar - 7:18

"Vous vous méprenez, ma jolie, nous ne faisons qu'amener cette esclave jusqu'au prochain marché pour essayer de la vendre au plus offrant," dit un l'homme traînant la prisonnière.

"Prends moi pour une idiote," se dit Samedi pour elle-même sans vraiment remarquer qu'elle parlait à voix haute. Elle était au bon endroit, ça elle en était sûre.

Le soit-disant esclavagiste envoya un regard mauvais à la chaman. Les autres personnes avec lui avaient leurs mains sur leurs armes, prêts à dégainer. Il faudrait agir vite, ils étaient en surnombre et mieux armés, seule la surprise pourrait apporter une quelconque chance de victoire.

Profitant de la diversion apportée par l'ersatz de conversation entre Samedi et les ravisseurs, la prisonnière donna un violent coup de tête à celui qui la retenait. Le nez de ce dernier explosa sur le coup en gerbes écarlates. Il lâcha prise de la prisonnière.

Immédiatement Samedi agit à son tour. Elle lâcha la bribe de sa monture improvisée et pris son bâton de marche à deux mains, qu'elle utilisa pour frapper la personne la plus proche d'elle au niveau de l'aine. L'homme se plia de douleur et Samedi le poussa en arrière pour entraver les mouvements d'un autre type qui dégainait sa hache. Toujours avec célérité, la chaman colla une beigne dans l'oreille d'un troisième opposant et le poussa lui aussi dans le groupe de ravisseurs.

La confusion était totale et Samedi souriait, fière de son action. Le gros du groupe était en train de se marcher dessus les uns les autres en essayant d'aller tous au même endroit en même temps. Une autre personne s'occupait de relever celui qui s'était fait exploser le nez par la prisonnière. Mais tout ça ne serait que de courte durée, il fallait s'enfuir au plus vite. Samedi s'approcha de la prisonnière et lui retira son bandeau et ses liens.

"Salut!" dit Samedi en dégrafant son manteau qu'elle mit sur les épaules de la jeune femme. A rester nue par ce temps elle finirait par mourir de froid. "Grimpe sur la bestiole là-bas," elle pointa vers le Sleipnir qui quittait lentement la scène, "je te rejoins au plus vite."

Samedi pris un couteau de chasse à sa ceinture et s'entailla profondément la paume de la main gauche. Legba voulait des âmes, il en aurait. La sorcière vaudou espérait que ce serait assez pour qu'il la laisse tranquille un moment. Elle courut en direction du groupe d'homme et en saisit un par le bras, qu'elle traîna un peu en retrait des autres qui avaient déjà tous leurs armes au clair et s'apprêtait à charger. Samedi concentra son Pouvoir et plaqua sa main blessés sur le front de son "otage". Elle lui grilla le cerveau pour le mettre sous son joug, obéissant au moindre de ses ordres. Une légère odeur de brûlé se faufila dans les narines de la jeune femme.

"Aaaaarrrrg...." L'homme laissa échapper un cri de douleur qui tourna très vite en râle d'agonie. Ses yeux, bleus avant, prirent une teinte laiteuse, nacrée comme des perles. La teinte de sa peau vira du clair au presque translucide, les veines, sombres, étaient visibles et enflées.

"Tue-les," murmura Samedi dans l'oreille de son zombi. Il se releva, dégaina sa hache et chargea le groupe de ravisseurs.

La sorcière vaudou fit de grands pas pour rejoindre la prisonnière. Dans la lueur dansante des torches elle aperçu le visage de Legba qui se gaussait de la situation. Elle mit sa main blessée dans son autre, valide. Cette fois ça brûlait de l'intérieur et la corruption s'était avancée au-delà du poignet et l'ensemble du bras était engourdi. Toute la main utilisée précédemment pour transformer un homme en esclave servile était noire comme le charbon, pétrifiée et tordue. Avec un peu de repos ça finira par passer, mais ce n'était pas du tout agréable.


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Saskia Idunadottir
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Jeu 2 Mar - 23:41

Le bruit de son crâne explosant le nez de Reyr était jouissif. C'était la deuxième fois aujourd'hui, mais seulement la première fois que Saskia pouvait l'apprécier.

Sous la douleur, l'homme lâcha la voleuse de rêves, la poussant vers l'avant dans son mouvement. Elle trébucha, manquant de tomber, avant de s'équilibrer du mieux qu'elle le pouvait. Saskia entendit devant elle le claquement sec d'un objet qu'on abat sur quelqu'un, suivi d'un gémissement de douleur. De frustration de ne pas savoir ce qu'il se passait, elle essaya maladroitement de reculer. Ses ravisseurs semblaient occupés, et ne se souciaient pas d'elle. Il était temps d'en profiter et de filer ; quant à ses liens et son bandeau, elle aviserait plus tard la façon de s'en débarrasser.

Concentre-toi pour le moment à ne pas nous prendre un arbre en pleine figure, la prévint la Voix.

Alors que Saskia s'apprêtait à répliquer, des mains chaudes se posèrent sur ses épaules. La jeune femme de figea, craignant que ce qui avait distrait les hommes ne soit plus ; et que Reyr soit revenu à elle pour la punir. La torturer. Mais les mains étaient étrangement douces ; elles se glissèrent derrière son dos pour dénouer les liens qui maintenaient ses mains, avant de remonter jusqu'à son visage pour défaire le bandeau. Les paupières de Saskia étaient horriblement lourdes, mais elle finit par ouvrir ses yeux pour découvrir qui l'avait sauvé.

Devant elle se tenait une femme à la peau foncée et aux grands yeux presque aussi sombres que ses cheveux - ou peut-être était-ce simplement l'obscurité qui donnait cette impression ? Sur son visage était peint une tête de mort, et elle portait autour du cou ce qui ressemblait à... des dents ? Une mâchoire. Les yeux de Saskia s'écarquillèrent lorsqu'elle les planta dans ceux de la femme. Malgré son attirail et son étrange personne, celle-ci était curieusement belle.

- Salut ! la salua la femme avec sympathie.

Saskia l'observa sans répondre, avant que ses yeux ne se fixent à nouveau sur son collier. La voleuse sursauta quand un manteau lui fut passer sur les épaules, et elle frissonna. La chaleur que commençait légèrement à lui apporter le vêtement rappela à son corps à quel point il avait froid. Ses membres semblèrent s'engourdir subitement, et lorsque Saskia passa sa langue sur ses lèvres, elle constata que celle-ci étaient gercées et craquelées.

- Grimpe sur la monture là-bas, continua la femme en la faisant sursauter. Je te rejoins au plus vite.

Suivant le doigt pointé, Saskia se tourna en direction d'un énorme Sleipnir qui raclait le sol de deux de ses six sabots. Elle hocha lentement la tête, mais constata que la femme n'était déjà plus à son côté, et s'avançait en direction des ravisseurs. D'un pas pressé, elle se traîna comme elle le pouvait jusqu'au Sleipnir, levant devant elle une main réconfortante qu'elle déposa sur le visage de l'animal.

- Allez mon grand, murmura-t-elle. Tu as visiblement l'air d'un Sleipnir dressé, alors aide-moi à monter sur ton dos.

La jeune femme appliqua une légère pression sur le museau du Sleipnir, et celui-ci fléchit ses pattes avant. Poussant un soupir de soulagement, Saskia passa les bras autour du coup de la bête, et se hissa maladroitement sur son dos. L'animal se redressa, effectua un tour sur lui-même, et s'ébroua. La voleuse de rêves avait quant à elle portée son attention sur sa sauveuse, qui était penchée au-dessus d'un des hommes qui l'avaient enlevée - Adíel semblait-il ?

C'est le moment, lui souffla la Voix. Pars maintenant pendant que la femme est occupée.

Partir ? répéta Saskia en fronçant les sourcils.

Avant qu'elle ne revienne, oui, répondit la Voix d'un ton pressant. Nous ne savons pas qui elle est, et même si elle nous a sauvé, ses intentions ne sont peut-être pas si honorables que tu peux le penser.

Saskia secoua la tête, essayant d'ignorer ce que lui demandait la Voix.

Un peu plus loin d'eux, la femme s'était redressée, en même temps qu'Adíel qui avait dégainé son arme et... chargeait ses amis...?

Saskia, va-t-en ! Regarde, elle lui a forcément fait quelque chose ! Cette femme est dangereuse, insista la Voix, dont la présence s'était faite plus forte dans l'esprit de la jeune femme. Elle semblait frapper contre les parois du crâne de la voleuse, lui infligeant les débuts d'un mal de crâne. Alors qu'une fissure commençait à craqueler au plus profond de Saskia, celle-ci ferma les yeux et se concentra. Elle eut la sensation d'être écrasée par un troupeau de Sleipnirs, mais la fissure au fond d'elle disparut soudainement, et la Voix se tut.

Va te faire foutre, Daven, pensa-t-elle avec amertume.  

Sa sauveuse était arrivée à son niveau, et Saskia fit s'abaisser le Sleipnir pour qu'elle monte derrière elle. Puis, claquant sur l'encolure de l'animal, elle le fit partir au galop, les éloignant du groupe qui l'avait tourmenté, et des cris déchirant que les autres commençaient tout juste à lâcher.






Le Sleipnir était étrangement lent, et sa démarche les faisait désagréablement tanguer de droite à gauche. Ils n'avaient pas parcouru plus de trois kilomètres, mais le mal de crâne de Saskia allait en s'empirant. L'univers valsait autour d'elle, et des tâches violacées flottaient devant ses yeux.

- Je me sens mal, murmura-t-elle sans s'adresser particulièrement à la femme qui l'accompagnait.

D'un mouvement saccadé, elle fit s'arrêter leur monture et se laissa glisser brutalement au sol, son esprit oblitérant totalement sa sauveuse. A quatre pattes, les genoux s'écorchant sur les pierres qui parsemaient le sol, Saskia rendit tout ce qui lui restait dans le ventre.



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Tata Samedi
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Sam 4 Mar - 12:30

Le zombi de Samedi chargea ceux qui, il y a encore quelques instants, étaient ses compagnons. Agitant sa hache de manière frénétique et sans véritable cohérence, il toucha plusieurs personnes à la fois. L'un d'eux lui planta une épée dans le flanc mais ça ne lui fit pas plus d'effet que ça. Il n'était déjà plus vraiment vivant de toute façon alors les blessures étaient le cadet de ses soucis. Le zombi parvint à tuer la grande majorité du groupe de ravisseurs, une poignée d'autres ayant tout de même pris la fuite, terrifiés par ce qu'il venait de se passer, leur ami qui s'en prenait à eux. Et cette lueur dans ses yeux qui n'étaient plus humains...

Une fois le massacre terminé, le zombi s'écroula lourdement sur le sol. Mort pour de bon cette fois. Une silhouette sombre portant un haut de forme se pencha au-dessus des cadavres et s'affaira à un rituel dont seul lui savait en quoi cela consistait réellement. De loin, c'était comme s'il aspirait les dernières vapeurs de Pouvoir s'échappant des corps sans vie. Comment et pourquoi, ça restait un mystère. probablement qu'il accroissait son propre Pouvoir...

"Ça suffira pour cette fois," murmura-t'il.

De son côté, Samedi grimpait sur le Sleipnir avec la prisonnière qu'elle venait de libérer. Ensemble elles firent quelques kilomètres sur le dos de la monture paresseuse.

"Je me sens mal," murmura celle qui n'avait qu'un manteau pour seul vêtement. Elle stoppa le Sleipnir, se laissa glisser à terre et vomit.

Samedi sauta de la monture et s'agenouilla prés de la jeune femme. La chaman attrapa sa besace et farfouilla à l'intérieur. Il y avait sûrement là-dedans quelque chose pour l'aider. Sa main gauche lui faisait atrocement souffrir, mais ça passerait assez vite. Elle n'avait pas tant forcer que ça pour se fabriquer un zombi.

"Tiens," dis Samedi en tendant un morceau de tissu qui ferait office de torchon. "Et bois ça, ça te réchauffera un peu." Elle lui tendit une petite bouteille en verre pleine d'un liquide clair. De la vodka. "J'ai aussi de la viande séchée si t'as faim." Il y avait de tout dans ce sac.

La chaman aida la jeune femme à se relever et à remonter sur le Sleipnir. Il fallait absolument trouver un village ou quelque chose du genre sous peu, au moins pour trouver des vêtements à la jeune femme, sans ça elle finirai par mourir de froid. Ou une auberge, elles pourraient toutes deux se reposer un peu.

"Je m'appelle Samedi au fait, c'est quoi ton nom?"

L'inconnue intriguait beaucoup la sorcière vaudou, comment avait-elle fait pour se retrouver dans une situation pareille? Bien qu'elle n'était pas en très bon état pour l'instant, il était clair que ce n'était pas une simple roturière ou esclave. Elle avait une allure un peu plus... noble. Ou quelque chose s'y apparentant. Peut-être une fille du jarl? Ça expliquerait pourquoi un aussi gros détachement de guerriers étaient allés à sa recherche. Quoi qu'il en soit, Samedi se faisait un devoir de lui venir en aide. Et pas uniquement pour la promesse d'une éventuelle récompense.

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Saskia Idunadottir
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Dim 5 Mar - 15:38

D'aussi loin que Saskia se souvienne, elle avait toujours entendu la Voix au fond d'elle. Parfois, elle la conseillait, d'autres fois, elle l'avertissait - mais le plus souvent, elle l'agaçait. Il était arrivé plus d'une fois à la jeune femme d'avoir l'envie de s'assommer afin de plus l'entendre. Elle n'avait, jusque là, réussit à la faire taire qu'une seule et unique fois. Après son premier vol de rêve, la Voix s'était tue pendant plusieurs années. Saskia avait pensé s'en être débarrassée - jusqu'à ce qu'elle reprenne un beau jour la parole, sans raison particulière ni sans même justifier son absence.

Saskia n'avait pas été malade la première fois que Daven s'était tu ; mais la première fois, il n'avait pas forcé, au fond de son esprit. Forcé, essayé de se libérer, comme si Saskia n'était qu'une prison et qu'il avait l'intention de s'en libérer. Jamais la jeune femme n'avait voulu de lui dans sa tête. S'il pouvait partir, la laisser en paix, alors elle chercherait avec lui la clef avec grand plaisir. Mais Saskia savait qu'il s'agissait d'autre chose, et qu'il ne sortirait pas vraiment de sa tête. Elle avait alors décidé de ne jamais lui laisser le contrôle.

Elle sentit, plus qu'elle ne vit, celle qui l'avait sauvée s'agenouiller près d'elle. Sa présence était curieusement apaisante ; mais peut-être était-ce parce qu'elle se retrouvait enfin avec quelqu'un qui lui accordait une once de gentillesse, après la torture et la maltraitance qu'elle avait subi. Elle entendit l'autre fouiller dans son sac, et un morceau de tissu entra dans son champ de vision.

- Tiens, dit la femme en secouant le tissu sous ses yeux.

Saskia s'en saisit et s'essuyant la bouche. Elle porta son regard jusqu'à l'autre femme, qui lui tendait une petite bouteille emplie d'un liquide transparent. Peut-être de l'eau ?

- Et bois ça, ça te réchauffera un peu.

Réchauffer ? Probablement pas de l'eau. Saskia s'exécuta, avalant une grande gorgée et grimaçant lorsque la boisson lui chauffa désagréablement la gorge.

- J'ai aussi de la viande séchée, si tu veux, proposa la femme.

Saskia secoua la tête silencieusement, observant l'autre ranger son sac. Elle accepta son aide lorsqu'elle se releva, puis lorsqu'elles remontèrent sur le Sleipnir pour reprendre leur route.

La voleuse de rêves s'apprêtait à lui demander leur destination, mais l'autre intervint avant qu'elle n'en ait le temps :

- Je m'appelle Samedi au fait. C'est quoi ton nom ?

Une réponse, elle en avait au bout des lèvres, étrangère et à la fois familière, réconfortante. Elle ignorait d'où elle venait, mais elle semblait avoir été là, à attendre dans un coin de son esprit. La réponse était toute naturelle.

- Je m'appelle Sanna.

Elle ne lui avait pas révélé son vrai nom, mais cela lui importait peu. Comme l'avait souligné Daven, Samedi était une étrangère, peut-être dangereuse - Saskia ne pouvait pas nier ce fait. La femme l'avait peut-être sauvée - et la voleuse de rêves lui en était reconnaissante -, mais elle avait d'abord à lui prouver ses bonnes intentions avant que la fille du Jarl ne daigne de lui faire confiance. Lui donner son vrai nom aurait risqué qu'elle se fasse potentiellement reconnaître - Nominoé n'avait, après tout, qu'une seule fille. Enfin, pensa Saskia avec un sourire crispé, la seule fille légitime, de ce qu'on en sait. C'était une chose que lui avait répété Daven plusieurs fois, au creux de l'oreille - bien que son frère Rorik affirmait que Nominoé aimait bien trop leur mère pour pouvoir la tromper.

- Merci de m'avoir sauvé, ajouta doucement Saskia, glissant ses mains sous ses cuisses dans l'espoir des les réchauffer. Tu n'étais pas obligée ; et ils étaient plus nombreux.

Baissant la tête, les mèches lui retombant sur les yeux, Saskia continua un peu plus fort :

- Une chance que tu aies croisé notre route.

Saskia ignorait ce que Samedi lui avait fait boire, plus tôt, mais ça ne lui avait pas vraiment apporté de chaleur. Ses paupières, au contraire, s'alourdirent à nouveau ; et plusieurs frissons secouèrent tout son corps, semblant la paralyser sur place. Sa tête s'abaissa jusqu'à son menton, et elle parvint à murmurer :

- Je vais dormir, je crois. Je suis fatiguée, ça ne te dérange pas si je dors ?

Elle n'entendit pas la réponse ; mais avant que ses yeux ne se ferment, elle crut apercevoir plus loin, devant elles, des lumières flotter sur place. Des maisons ?

Elle s'endormit.


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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Mar 7 Mar - 7:40

Sur le dos du Sleipnir, les deux jeunes femmes continuaient leur route, à la recherche d'un lieu où se reposer au moins pour la nuit. Sanna s'endormit alors que des lumières dansaient à l'horizon. Samedi tenta de claquer la bribe de la monture pour la faire accélérer le pas, mais la passagère endormit contre elle l'empêcha de guider correctement la créature. Et de toutes façons le Sleipnir ne semblait pas être du genre à écouter les ordres s'ils étaient synonymes de davantage d'efforts.

La petite troupe improvisée s'approcha d'un hameau rural au pieds des Scandes. Il y avait de la lumière un peu partout et, sans nul doute, une auberge dans laquelle se reposer le restant de la nuit. Samedi mena la bête et la passagère vers un bâtiment de pierre et de bois dont la cheminée crachait un fin serpent de fumée, et auquel était accroché une pancarte disant "La Tête de Troll". Un nom pareil annonçait une auberge, il n'y avait pas à se tromper.

Samedi stoppa le Sleipnir à côté de l'auberge et l'attacha à un piquet. Elle espéra que personne ne viendrait le lui barboter dans la nuit, déjà que ce n'était pas sa propriété, si en plus elle le perdait. C'est qu'il fallait la rendre à son propriétaire légitime, cette bestiole.

Ensuite elle s'entrepris de faire descendre Sanna de la monture et de la guider vers l'intérieur. Mais un petit détail vint la titiller : une jeune femme débarquant en pleine nuit dans une auberge de campagne en traînant une autre jeune femme quasiment nue - il est important de préciser ce détail - avec elle, ça soulèverais sûrement beaucoup trop de questions. Et le moment n'étais pas propice à ce genre d'histoire. Au moins sa main gauche était entièrement rétablie, toujours un peu douloureuse et engourdi mais ce n'était trois fois rien. Elle n'aurait pas à expliquer ça.

"J'ai un plan," dit Samedi en passant un bras de Sanna autour de ses épaules, "ne dis rien et suis ma lancée." Elle commença à s'approcher, lentement, de l'entrée de l'auberge, pas vraiment sûre si l'autre l'entendait ou si elle dormait déjà trop profondément pour ça.

Samedi ouvrit la porte avec un grand coup, révélant une petite salle éclairée par quelques bougies et un feu de cheminée. Il y avait une poignée de personnes attablées ici et là, et un grand homme derrière le comptoir, l'aubergiste à coup sûr, occupé à nettoyer des chopes.

"Aidez-nous s'il-vous-plaît, nous nous sommes faites attaquer par des bandits sur la route," dit Samedi assez fort pour qu'on l'entende de loin mais pas trop pour laisser transparaître de la peur et de l'angoisse.

Des têtes perplexes se tournèrent dans sa direction. L'aubergiste, un homme massif, chauve et à l'épaisse barbe sombre se pencha sur le comptoir, vers les deux nouvelles arrivantes, les scrutant pendant un instant. Normalement, pensa Samedi pour elle-même, il n'y a aucune raison pour qu'il pose de questions, Sanna est en piteuse état et je dois probablement avoir l'air très épuisée.

"Bougez pas," dit le tavernier après quelques secondes. Il se dirigea vers une porte de bois pas loin qui donnait sur la cuisine de l'établissement. "Ingrid, y'a deux filles qui se sont faites attaquer par des bandits, tu peux leur préparer une chambre?"

"J'arrive!" fit une voix de femme provenant des tréfonds de la cuisine. Très vite, la dénommée Ingrid vint à la rencontre des deux jeunes femmes. Une femme d'une quarantaine d'années, blonde. "Mes pauvres amies," dit-elle à leur égard, "les routes sont biens dangereuses, surtout de nuit... Suivez-moi, je vais vous conduire dans une chambre, vous pourrez vous y reposer."

"M-merci," dit doucement Samedi en suivant Ingrid qui grimpait un petit escalier menant à l'étage. La chaman galéra quelque peu à traîner Sanna jusqu'en haut, mais parvint tout de même à y arriver.

"Là." Ingrid ouvrit la porte d'une chambre et aida Samedi à allonger Sanna sur un lit. "Il y a une couverture supplémentaire dans l'armoire si besoin, il y a un bassin avec de l'eau et si vous avez faim je peux vous préparez quelques chose."

"Ça ira, nous avons juste besoin de nous reposer pour le moment..."

"Bien, bien, je vous laisse alors. Je viendrais prendre des nouvelles demain matin." Sur ce, elle quitta la pièce en refermant la porte derrière elle.

Samedi se dirigea vers le bassin pour se passer un peu d'eau sur le visage. Elle se sentait vraiment épuisée, elle aussi aurait bien besoin de dormir un peu.


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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Mer 8 Mar - 23:10

Le matelas était bien loin desquels Saskia avait l'habitude - il était rugueux, bien trop dur, et dégageait une désagréable odeur de sueur. Le nez de la jeune femme se plissa de dégoût, et elle s'étira paresseusement. Ce fut lorsque les derniers événements lui revinrent à l'esprit qu'elle ouvrit les yeux et se redressa brutalement. L'enlèvement, les tortures, la Voix qui s'était tue... Haletante, elle regarda autour d'elle, jusqu'à poser le regard sur le lit voisin, sur lequel dormait une femme à la peau sombre. Uh... Samedi, se rappela-t-elle. Elle porta les mains à sa tête, la massant délicatement, et poussa un profond soupir ; avant de s'étirer une nouvelle fois et de s'asseoir en tailleur sur son lit.

Elles se trouvaient sans doute dans une auberge - les derniers souvenirs de Saskia étaient confus. La chambre était de petite taille et n'avait rien d’exceptionnelle ; d'épaisses couches de poussière semblaient recouvrir le peu de mobilier présent, et des toiles d'araignées tapissaient les murs aux quatre coins de la pièce.

La jeune femme décida enfin à se lever, après quelques minutes d'un silence lourd, et explora le peu qui se trouvait dans la chambre. Son regard glissa d'abord sur une besace au pied du lit voisin - celle de Samedi -, et elle hésita. L'autre avait l'air profondément endormie, et ne remarquerait certainement pas si Saskia prenait quelques instants pour la fouiller... Afin de voir si elle pouvait en apprendre plus à son sujet ; découvrir si elle était digne de confiance, ou si elle était dangereuse.

Saskia s'était mise à chantonner sans s'en rendre compte - une berceuse que sa mère lui chantait tous les soirs, durant son enfance -, quand elle remarqua soudain deux verres remplis d'eau sur une petite table. Sa gorge lui sembla soudainement sèche, et elle décida de mettre de côté la besace pour boire. Elle avala d'une traite le contenu d'un des verres - un sourire étirant ses lèvres gercées -, et bien que l'eau avait un mauvais arrière-goût, elle soupira de satisfaction.

- C'était joli, ce que vous fredonniez.

Saskia sursauta, manquant de lâcher son verre vide.  Derrière elle, au pas de la porte, une femme blonde lui souriait gentiment, portant devant elle ce qui ressemblait à du linge propre.

- Je ne voulais pas vous effrayer. Je vous ai apporté de quoi vous revêtir.

La femme entra dans la chambre pour aller poser les vêtements sur le lit où Saskia avait dormi.

- Pauvres enfants, reprit-elle. J'espère que vous avez bien dormi et que vous avez récupéré de vos tourments.

Saskia fronça les sourcils. Elle ignorait ce que Samedi avait bien pu lui raconter, mais par mesure de précaution, elle hocha simplement la tête.

- Je m'appelle Ingrid, continua la blonde sans se départir de son sourire. Et vous ?

La voleuse de rêves l'observa quelques instants sans répondre. Ingrid ne semblait pas la reconnaître, mais cela ne l'étonnait guère - les gens, en majorité, se souvenaient davantage de ses frères que d'elle. On la connaissait de nom plus que de visage ; elle qui ne participait à aucune guerre, aucun raid, qui ne voyageait que peu souvent et qui ne s'intéressait pas aux politiques du pays. Ni tacticienne, ni guerrière, seulement... elle. La dernière née d'Iduna et de Nominoé ; la fille sortait de chez elle en cachette pour aller voir son meilleur ami - un esclave -, et qui dissimulait à tout le monde le fait qu'une voix lui parlait dans sa tête, depuis sa plus tendre enfance.

- Sanna, répondit-elle précautionneusement.

Ingrid sourit de plus belle, dévoilant des dents jaunies et sales. Elle s'approcha de Saskia pour lui poser une main sur l'épaule, et ajouta gaiement :

- Je vous ai préparé de quoi grignoter. Je vous laisse vous habiller et me rejoindre en bas ? Ne réveillez pas votre amie, elle a l'air d'avoir besoin de repos ; elle nous rejoindra à son réveil.

Saskia hésita, portant son regard sur Samedi, toujours endormie dans son lit. Son interlocutrice paraissait sympathique ; elle n'avait probablement rien à craindre d'elle - et elle avait faim.

- D'accord, répondit-elle avec un sourire.

Elle observa Ingrid sortir de la chambre et refermer la porte derrière elle, avant de reposer le verre et de s'approcher du lit. Les vêtements qui y étaient posés s'avérèrent être en fait une épaisse robe vert pâle, rugueuse au toucher et beaucoup trop grande. Saskia grimaça en l'enfilant, et passa quelques secondes à l'ajuster et tenter de la défroisser. Elle releva grossièrement les manches, enfila les deux petites bottes en peau qu'Ingrid avait posé au pied du lit, et jetant un dernier regard à Samedi, s'empressa de sortir de la chambre pour descendre manger.



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Tata Samedi
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Dim 12 Mar - 14:39

Samedi se laissa tomber sur le lit près de celui de Sanna de la même manière qu'un caillou jeté dans l'eau et s'endormit immédiatement. Au matin elle se réveilla en sursaut, comme après un terrifiant cauchemar. Pourtant, elle ne se souvenait de rien, elle s'était endormie, puis réveillée. Entre les deux n'étaient que ténèbres. Pourtant, une sensation indicible persistait dans son esprit, comme une menace tapie dans l'ombre, attendant patiemment son moment pour frapper.

La chaman se leva et se passa un peu d'eau sur le visage. Il était encore assez tôt, mais il n'y avait personne d'autre qu'elle dans la chambre. Sanna avait dû se lever avant elle. Samedi pris ses affaires - sa besace et son bâton de marche - et descendit lentement les escaliers.

L'étage inférieur de l'auberge était assez calme, il y avait peu de bruit. Peut-être les autres occupants étaient-ils encore endormis? Quoiqu'il en soit, Samedi se dirigea lentement vers la salle commune dans l'optique de trouver Sanna. Ce qu'elle fit relativement vite, la jeune femme étant attablée et occupée à manger.

"Salut Sanna, bien dormi?" demanda Samedi en s'asseyant face à elle.

"Vous êtes réveillée vous aussi? Bien," dis Ingrid en s'approchant de Samedi avec un bol fumant et une cuillère en bois. "Tenez, vous devez avoir faim." Elle posa le bol et la cuillère devant Samedi et retourna dans la cuisine.

"Merci," répondis Samedi.

Face aux deux jeunes femmes, posté derrière son comptoir, l'aubergiste essuyait mollement des choppes, avec des gestes lents et incertains comme s'il faisait ça pour la première fois. Son regard semblait perdu dans le vague, contemplant des choses que lui seul pouvait voir.

Samedi n'y prêta guère plus d'attention et se tourna vers le bol fumant. Le contenu brunâtre ressemblait à de la soupe et exhalait une assez bonne odeur.

"Dis," commença la chaman à l'adresse de Sanna tout en plongeant la cuillère dans la soupe, "comment tu t'es retrouvée prisonnière de ces types, hier soir? Si ce n'est pas trop indiscret..." Elle porta la cuillère à ses lèvres, souffla dessus pour la refroidir et goûta le tout. C'était encore chaud et elle grimaça alors que la soupe lui brûla la langue.

Derrière le comptoir, l'aubergiste regardait fixement dans la direction de Samedi, ses yeux scrutant un point placé loin à travers de ses yeux à elle. Elle commençait à pressentir quelque chose d'étrange. Un sentiment insidieux lié au cauchemar de la nuit dernière refaisait surface, informe et horrifiant par son manque de clarté. Elle repris une cuillère de la soupe mais quelque chose avait changé. Le goût. la forte odeur d'herbes aromatiques n'était là que pour masquer son goût immonde. La chaman en grimaça.

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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Lun 13 Mar - 23:13

L'auberge était modeste, assez petite, et très silencieuse. Saskia ignorait l'heure, mais supposait que les autres clients étaient encore endormis - à supposer qu'il y avait d'autres clients. Ingrid l'accueillit au bas des escaliers avec son grand sourire - quelque peu repoussant -, et la fit asseoir à une table. La fille du Jarl se crispa lorsqu'Ingrid passa ses mains dans ses cheveux, semblant les brosser grossièrement de ses doigts.

- La soupe sera prête dans quelques minutes, lui apprit la femme tout en continuant à lui toucher les cheveux. Ma pauvre enfant, comment vous êtes-vous retrouvées dans cette situation toi et ton amie ?

La voleuse de rêves se détendit - Samedi ne lui avait visiblement rien dit. Elle essaya de se dégager des mains de la femme le plus poliment possible, et répondit :

- Elle m'accompagnait pour rejoindre mes frères aux alentours d'Oslo. Nous souhaitions entreprendre un voyage jusqu'au Norðrið avec eux, quand ces brigands nous ont détroussé.

- Détroussé...? Votre amie s'en est bien mieux tirée que vous, Sanna, répondit Ingrid en haussant un sourcil.

Saskia se tendit - imperceptiblement espérait-elle - et croisa le regard de la femme. Le sourire était toujours là, mais paraissait plus figé et inquiétant. La jeune femme déglutit péniblement, et reprit :

- Ils n'ont pas eu le temps de la déshabiller que nous sommes parvenues à nous enfuir.

Ingrid se pencha sur elle, posant une main réconfortante sur son épaule :

- Vraiment ? Quelle chance !

- Quelle chance, répéta Saskia en choisissant ses mots avec précaution. Un ours a croisé notre chemin. Son arrivée a suffisamment distrait les hommes pour nous permettre de prendre la fuite.

Ingrid plissa les yeux, sourit de plus belle, avant de se redresser pour tapoter gentiment la tête de Saskia.

- Ingrid !

La blonde se tourna vers l'aubergiste et hocha la tête.

- La soupe doit être prête, annonça-t-elle joyeusement.





Saskia tournait sa cuillère machinalement, observant la soupe brunâtre sans grande envie. Malgré la bonne odeur qu'elle dégageait, et son ventre gargouillant, la jeune femme n'arrivait pas à manger. Ingrid l'avait laissé tranquille jusque là, ne lui offrant que quelques sourires au loin. La voleuse avait hésité à partir - à s'enfuir - mais cela aurait signifié abandonner Samedi, qui l'avait tout de même sauvé. Si Saskia ne lui faisait pas pleinement confiance, elle lui devait tout de même sa vie.

Elle sursauta lorsque quelqu'un s'assit face à elle - Samedi, quand on parle du loup.

- Salut Sanna, bien dormi ? lui demanda son interlocutrice.

Saskia s'apprêtait à répondre lorsqu'Ingrid s'empressa de les rejoindre, apportant un nouveau bol de soupe. La fille du Jarl observa avec méfiance la blonde échanger quelques mots avec Samedi, jusqu'à s'éloigner de nouveau en sifflotant gaiement.

- Dis, lui lança Samedi en détournant son attention, comment tu t'es retrouvée prisonnière de ces types, hier soir ? Si ce n'est pas trop indiscret...

La voleuse de rêves lui jeta un rapide coup d'oeil, avant de hausser une épaule et de se remettre à touiller sa soupe avec lenteur :

- J'étais en chemin pour rejoindre mes frères ; nous pensions nous rendre au Norðrið rendre visite à un oncle.

Saskia fronça les sourcils en remarquant que Samedi se tendait, devant elle. Elle suivit son regard, et rencontra celui de l'aubergiste. Celui-ci, plongé dans ses pensées, sursauta, avant de leur adresser un petit sourire. La voleuse de rêves se retourna vers l'autre femme, arquant un sourcil :

- Est-ce que ça va...?

L'autre femme ne semblait pas l'écouter, soudain concentrée sur sa soupe. Les doigts de Saskia se mirent à pianoter nerveusement la table, lorsqu'elle remarqua qu'Ingrid, derrière Samedi, essayait de fermer discrètement la porte de l'auberge à clé.

- Eh ! l'apostropha Saskia en se relevant d'un coup, bousculant la table et faisant tanguer son bol.

La jeune femme le rattrapa maladroitement, renversant un peu de soupe sur la table, et sursauta lorsqu'une énorme main s'abattit lourdement sur son épaule, la retournant sans délicatesse. Les yeux ronds comme des billes, elle fixa l'aubergiste qui lui souriait :

- Un problème, ma petite ?

La prise sur son épaule se resserra et Saskia, commençant à paniquer, envoya son genou s'écraser violemment contre l'entrejambe de l'homme.



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Tata Samedi
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Jeu 16 Mar - 7:15

"Eh!" dit Sanna en se levant.

Samedi lâcha sa cuillère de dégoût et s'essuya la bouche avec le dos de sa main. La soupe était vraiment immonde. Mais qu'est-ce que ça peut bien être? se demanda-t'elle. Ce n'était pas juste mauvais, il y avais quelque chose de plus dérangeant derrière tout ça...

La chaman se retourna pour voir Ingrid fermer la porte de l'auberge à clé. Sanna s'approcha mais fut stoppé par l'aubergiste. Enfin, stoppé pour un moment, elle réagit vite et asséna un coup de genou dans l'entrejambe de l'homme qui recula de douleur.

"Qu'est-ce que...?" dit Samedi en se levant à son tour.

"Chut..." murmura Ingrid, près du comptoir, en se portant un long doigt griffu devant un sourire qui lui déchirait le visage d'une oreille à l'autre et réveillait des dents qui ne semblaient pas humaines. "Patience..." Il y avait comme un rougeoiement au fond de ses yeux plus sombres qu'avant, pareil à une braise dans un âtre.

L'aubergiste ricanait doucement. Ingrid, ou en tout cas la chose qu'elle était devenue ouvrit la porte de la cuisine, toujours en fixant Samedi de son regard inhumain, et se glissa à l'intérieur d'un pas leste.

Samedi s'approcha de Sanna et lui attrapa le bras.

"Il faut qu'on se casse," murmura-t'elle à sa nouvelle amie, "cet endroit crains beaucoup trop. Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais ça n'a pas l'air de bonne augure."

L'aubergiste, plié en deux et les mains entre les jambes, ricanait toujours. Un rire sec, creux et quelque peu hésitant. Un rire qui provenait d'une gorge qui n'était pas adaptée à une telle fonctionnalité.

"On prends nos affaires et on file d'ici en vitesse," glissa Samedi à l'adresse de Sanna en la poussant un peu vers l'escalier.

Un plan simple somme toute. Mais un plan avec une myriade d'inconnues à prendre en compte. Y avait-il des gens à l'étages? Y avait-il d'autres gens à la cuisine? Est-ce qu'au moins le Sleipnir était encore là, et comment fuir du village si ce n'était pas le cas? ... Une multitude de questions assaillirent la jeune femme mais elle n'y accorda que peu d'attention. Pas le temps de réfléchir, il fallait agir.

Avec un mouvement rapide l'aubergiste attrapa Samedi par les épaules et la tira vers l'arrière, loin de l'autre jeune femme. Il enfonça des doigts comme des griffes autour de la clavicule gauche de la chaman, l'empêchant de trop se débattre. La pression exercée était bien trop puissante, même pour un homme de sa carrure. De son autre main, il fit glisser des griffes le long du buste de Samedi, suivant les courbes de sa poitrine, le long de son ventre et jusqu'à ses cuisses. A leurs passages les griffes lacérèrent le tissu de la robe et Samedi se retrouva très vite vêtue de lambeaux. Elle retint sa respiration et réfléchi à une solution pour se tirer de ce bourbier.

"Tu feras un bon dîner," murmura l'aubergiste en enfonça ses griffes dans la cuisse de la jeune femme. Il lécha le visage de la jeune femme avec une langue bien trop longue.

"Erik!" fit la chose-Ingrid en sortant précipitamment de la cuisine. "N’abîme pas la viande, idiot." Elle était voûtée maintenant mais quelque part elle semblait plus grande. Ses mains étaient terminées par de longues griffes et son sourire démesuré laissait échapper une multitude de dents pointues et acérées.

"Des fées?" se demanda Samedi en jetant un coude dans les côtes du monstre-aubergiste. Ce-dernier ne broncha pas et ne se laissa pas perturber pour autant. "Merde," se dit-elle à elle-même.


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Saskia Idunadottir
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Sam 25 Mar - 23:00

Saskia n'était pas certaine de comprendre pourquoi sa vie s'était subitement mise à lui échapper des mains. Comme si son enlèvement, les tortures et les humiliations n'avaient pas été suffisantes, la voleuse de rêves se retrouvait à présent dans une auberge appartenant à des fous furieux. Une auberge qui se situait dans sa Svæði-même - inacceptable. Papa - et Nikki - en entendront parler à mon retour.

La jeune femme faillit louper la dernière marche, trébucha et se rattrapa sur la rampe de l'escalier.

La voleuse n'avait eut guère de temps pour comprendre ce qu'il se passait. Ingrid avait d'abord fermé la porte de l'auberge à clef, et après que Saskia ait envoyé son genou dans l'entrejambe de l'homme, elle avait cherché du regard la blonde tandis que l'autre s'était mis à rire grassement. Son regard avait croisé celui de la femme, près des cuisines, luisant d'une envoûtante lueur rougeâtre. Samedi l'avait soudain poussée vers les escaliers en lui chuchotant qu'il fallait qu'elles partent, et qu'elles récupèrent leurs affaires. Amusant, Saskia n'avait rien avec elle, mais l'étage était la seule solution actuelle. Les fenêtres des chambres étaient certainement leur seul moyen de s'échapper. Ce ne fut que lorsqu'elle passa le pas de la porte de leur chambre que la voleuse remarqua que Samedi n'était plus derrière elle.

Le cœur de Saskia se mit à battre à la chamade. Elle chercha des yeux la besace de Samedi et l'attrapa d'une main, avant de ressortir de la chambre précipitamment et se stopper. Elle n'avait aucun moyen de secourir Samedi sans sa crosse, et elle doutait de son utilité au combat.

Peut-être était-il plus sage pour elle de tenter de s'enfuir sans sa compagne ?

Voilà que je me mets à penser comme Daven, songea Saskia en fronçant les sourcils.

A l'étage, Ingrid appela l'aubergiste - Erik.

Prenant une profonde inspiration, elle se décida à entreprendre d'ouvrir toutes les portes qui se trouvaient dans le couloir, à la recherche de quelque chose - n'importe quoi - qui pourrait lui servir. Seules trois autres chambres s'y trouvaient, toutes ouvertes, ainsi que deux portes fermées à clef. Les chambres étaient petites, ne contenant que quelques meubles, des tables et des chaises, et des bougies posées de ça et là sur les extrémités du mobilier. Quant aux pièces fermées à clef, parvenir à rentrer dans l'une d'elles lui offrirait probablement un peu de répit avant que les autres la trouvent. Déposant la besace contre un mur du couloir, Saskia s'agenouilla devant l'une des portes pour regarder par la serrure. La pièce semblait étriquée mais lumineuse, et un étrange meuble trônait au centre.

Le cœur loupant plusieurs battements, Saskia se redressa vivement. Aurait-elle eu le temps que la jeune femme l'aurait pris pour tenter de crocheter la serrure - merci à Esben et sa propension à s'introduire là où il ne fallait pas, les quelques mois après l'incident avec la sirène -, mais le matériel lui manquait et les événements se précipitaient.

En bas, Erik s'était mis à crier et ce qui semblait être de la vaisselle fut cassé.

Saskia rentra précipitamment dans l'une des chambres, et ouvrit avec hâte les tiroirs qui s'y trouvaient. Son regard se mit à briller quand elle découvrit au fond de l'un d'eux un briquet à silex.

- Eh, où est l'autre fille ? lança soudain Ingrid, un étage plus bas.

Saskia remerciait leur inattention - ou peut-être leur stupidité ? - à n'avoir pas remarqué son absence jusque là. Ceci étant, Samedi les avait peut-être suffisamment distraits pour ça - en espérant que l'autre femme soit toujours en vie ou même intacte.

Les escaliers se mirent à grincer avec hâte alors qu'Erik criait à Ingrid d'aller chercher "l'autre".

Avec des mouvements rapides et précis, Saskia embrasa une bougie à l'aide du briquet à silex, avant de la jeter sur l'un des lits dont les draps de piètre qualité s'embrasèrent promptement. Elle attrapa une chaise d'une main, et se plaqua contre le mur, derrière la porte.

- Qu'est-ce que...? grogna Ingrid en rentrant dans la chambre, fixant le lit enflammé avec horreur.

Saskia leva la chaise au-dessus de sa tête et l'abattit sur le crâne de la blonde, qui tituba, sonnée. D'un coup de pied, la jeune femme l'envoya valser jusqu'au lit, sur lequel elle trébucha et s'étala de tout son long sur le matelas en flammes.

Ingrid hurla.


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Tata Samedi
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Lun 27 Mar - 23:23

Ingrid grimpa les escaliers à la recherche de Sanna. Samedi voulait se débattre et l'en empêcher, trouver un quelconque moyen de quitter le lieu au plus vite, amis elle se ravisa immédiatement. Un meilleur plan - moins tête brûlée - était de mise ici.

Patience...

Erik traîna la chaman vers les cuisines, ses griffes s'enfonçant progressivement dans la chair des bras de celle-ci. Elle se laissa faire. Elle avait un plan. Enfin, l'ombre d'une vague idée qui ne reposait que sur une brume de supposition, mais c'était un début. Qui dit cuisine dit couteaux. Qui dit couteaux dit moyen de se défendre. Il y avait une piste à creuser de ce côté-ci.

L'aubergiste-fée poussa Samedi contre une table, au centre de la pièce, sur laquelle reposait plusieurs assiettes remplies d'abats et de morceaux de viandes dégoulinantes et a l'odeur nauséabonde. La jeune femme espéra que cela ne provenait pas d'humains, mais la situation actuelle poussait malheureusement dans cette direction. Sa théorie était que ces aubergistes accueillaient des voyageurs et des gens de passages, puis ils les tuaient pour les manger. Peut-être même que tout le village était de mèche, une chose pareille ne passait pas inaperçue tout de même. Il faudrait se montrer prudent pour quitter cet endroit maudit.

Les mains griffues la retournèrent et lui plaquèrent le dos contre la table. Son corps s'abattant contre le bois fit trembler les assiettes et le sang cramoisi l’éclaboussa. Quelques secondes plus tôt elle avait cru entrapercevoir un couteau sur la table, elle essaya alors de l'attraper. Erik vu cela et resserra son emprise sur sa proie. Il enfonça son poids dans ses bras pour entraver ses mouvements et pressa son corps difforme contre celui de la jeune femme.

"Je parie que t'as bon goût..." exhala-t'il en approchant son hideux visage de la chaman. Il ponctua sa phrase en léchant le visage de celle-ci. Son haleine était pestilentielle.

"Dégeu..." Samedi commençait à profondément en avoir marre, il fallait agir maintenant. "Tu vas arrêter avec ça oui?" Elle donna un puissant coup de genou dans l'entrejambe de la fée qui gémit et se recula de douleur.

Elle en profita pour se relever et envoya un coup de poing dans la mâchoire du monstre. Le coup le fit chanceler mais Samedi cracha de douleur elle aussi. Il avait la mâchoire solide celui-là. Pas de temps à perdre pour autant, il fallait se débarrasser de lui au plus vite. Elle attrapa un couteau qui traînait sur la table et se jeta sur l'aubergiste pour le poignarder. Avant que celui-ci ait eu le temps de réagir, il se pris une lame dans le creux de la clavicule. Il hurla et tomba sur le sol, le sang jaillissant de la plaie en jets écarlates qui vinrent éclabousser le visage de la jeune femme. Cette-dernière tomba à la suite de sa victime, l'accompagnant dans sa chute en mettant tout son poids contre lui afin de lui bloquer la respiration. La fée gargouilla et émis des râles d'agonies ponctués de giclées de sang sortant de sa plaie et de sa bouche avec maintenant un flot continu.

Samedi, après quelques instants à voir la créature progressivement sombrer dans l'inconscience, jugea qu'il devait être mort, ou au moins hors d'état de nuire pour un bon petit moyen. Il fallait aller aider Sanna maintenant, qui sait ce dont Ingrid pouvait être capable. Elle sortit en trombe de la cuisine, claquant la porte derrière elle.

Un hurlement retentit. Féminin, mais avec des accents inhumains. Ingrid surement.

La chaman grimpa les escaliers en vitesse mais un détail la dérangeait : il y avait une odeur de fumée dans l'air.

"Un feu?" se demanda-t'elle. "Sanna?" cria-t'elle.

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Saskia Idunadottir
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Dim 4 Juin - 20:50

La chaise se brisa sur le crâne d'Ingrid lorsque celle-ci chercha à se relever pour échapper au feu. Elle s'affaissa brutalement sur le matelas, tandis que les flammes lui léchaient la peau et enveloppaient son corps - noircissant ses vêtements et attaquant ses cheveux.

Le feu avait, étrangement, bien vite pris ; et Saskia nota, le nez plissé, qu'une odeur de viande avariée commençait à se faire sentir. Une épaisse fumée se répandait lentement dans la pièce, s'entortillant langoureusement et lentement autour des meubles.

- Sanna ? lui parvint l'appel de Samedi, en bas.

Avant qu'elle ne puisse répondre, Ingrid se redressa une nouvelle fois, avant de se retourner, sous le regard fasciné de Saskia. Sa peau était grumeleuse, trouée de tâches sombres et tachetée de peau d'un rouge étrangement écarlate. Ses yeux injectés de sang se révulsèrent, et elle porta des doigts, munis de gigantesques ongles, jusqu'à son visage - écorchant davantage de peau sur son passage et accumulant des lambeaux de chair sur ses griffes ; avant de recommencer à hurler.

Derrière elle, le feu s'était élevé et glissait le long du mur en le noircissant. Les escaliers se mirent à grincer, au loin, et alors que la fumée avait atteint son visage et commençait à la faire tousser, Saskia se détourna d'Ingrid et de ses cris. Elle sortit de la chambre, referma la porte derrière elle, et se redressant après avoir ramassé la besace de Samedi, se retrouva nez à nez avec celle-ci.

- Tu t'es débarrassée de l'homme ? demanda-t-elle en arquant un sourcil. Ingrid ne nous posera plus aucun souci ; et si elle est encore en vie, je ne pense pas qu'elle pourra encore nous faire quelque chose.

La voleuse de rêves tendit sa besace à sa compagne, avant que son regard ne soit attiré au sol. La fumée avait réussi à s'insinuer sous la porte et commençait à envahir lentement le couloir.

- Il faut qu'on parte rapidement, le feu risque de se propager.

Elle attrapa l'autre femme par la main, et commença à l'attirer vers l'escalier avant de se figer soudain et de grogner :

- Il va probablement falloir qu'on brise une fenêtre pour sortir, je n'ai pas pensé à récupérer la clé de l'auberge sur Ingrid et...

Derrière elles, soudain, la porte de leur ancienne chambre fut défoncée, et la fumée noire déferla dans le couloir. Un rugissement se fit entendre, et une Ingrid méconnaissable apparut à l'embrasure de la porte, chancelante et haletante. Son regard rougit et haineux se porta jusqu'aux femmes, et en laissant échapper un hurlement déchirant, elle se jeta sur Samedi et Saskia.



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Tata Samedi
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MessageSujet: Re: Gandreiðarstafur [Ouvert à tous]   Lun 5 Juin - 16:08

Samedi arriva précipitamment à l'étage et manqua de buter contre Sanna. Derrière cette dernière les flammes et la fumée gagnait rapidement du terrain. Il était de plus en plus difficile de respirer correctement. Il fallait déguerpir au plus vite se disait la chaman, à ce rythme-là on finirai fumées comme des harengs.

"Tu t'es débarrassée de l'homme ?" demanda Sanna.

"Avec ce que je lui ai fais, j'espère bien qu'il est mort!" répondis samedi avec beaucoup d'enthousiasme dans son ton.

"Ingrid ne nous posera plus aucun souci," reprit l'autre jeune femme, "et si elle est encore en vie, je ne pense pas qu'elle pourra encore nous faire quelque chose." Elle termina sa phrase en tendant à Samedi sa besace. Puis elle lui pris la main et la traîna vers les escaliers afin d'échapper aux flammes et à cette horrible endroit, avant de se figer à nouveau, réalisant que la fuite serait plus difficile que prévue.

"Il nous faudrait une hache mais je ne sais pas où trouver ça," suggéra Samedi. Dans la cuisine il n'y avait que des ustensiles de cuisine, pas grand chose d'utile pour casser des fenêtres ou fracturer des portes. Enfin, elle pourrait toujours essayer de déloger le verrou d'une porte avec un couteau mais ça prendrait du temps. Beaucoup de temps. Et le temps était une ressource dont les jeunes femmes manquaient cruellement.

Et puis dans la cuisine il y avait encore Erik. Ou ce qu'il en restait en tout cas. Impossible d'être sûre qu'il soit réellement mort, mais la chaman n'était pas partante pour aller vérifier ça...

Sans laisser un instant aux jeunes femmes afin de réagir, quelque chose enfonça la porte enflammée et poussa un hurlement inhumain. Ingrid! Enfin, ce qu'il en restait: une abomination odieuse à demi brûlée. Elle se jeta sur les jeunes femmes. Samedi, la plus proche de la chose-Ingrid, fut heurtée de plein fouet. Les ongles-griffes disproportionnés du monstre s’enfoncèrent dans la poitrine de la chaman et son poids la fit s'écrouler lourdement sur le plancher.

"Par devant!" fut la seule chose que pu prononcer Samedi avant que le poids de la fée lui coupe la respiration. La douleur des griffes s'enfonçant dans sa chair libéra en elle une décharge d'adrénaline. Autour d'elle le temps semblait ralentir. Bien entendu, elle devait prendre une décision au plus vite, elle n'avait aucune idée de ce que faisait actuellement Sanna ni même si elle pourrait l'aider. "Réfléchi..." pensa-t'elle.

Le visage difforme et brûlée de la chose-Ingrid était une vision de cauchemar. La peau était en lambeaux, la chair était à vif, voir carbonisée même par endroits, ses dents ressemblaient davantage à un accident de chariot dans un cimetière qu'à une mâchoire et ses yeux n'étaient plus que deux globes écarlates luisant d'une lueur malsaine. Et puis ses griffes démesurées qui lui laceraient les chairs...

"Tu compte mourir aujourd'hui gamine?" fis une voix moqueuse au fond de l'esprit de Samedi. "Ça m'arrange pas vraiment ça en fait..."

"Ferme-la Legba, j'ai pas le temps pour ça," répondis-t'elle sèchement. Qu'est-ce qu'il pouvait bien vouloir cette fois-ci lui? C'est jamais bon signe lorsqu'il se manifeste.

"Je vais t'aider mais tu devras faire quelque chose pour moi en retour..." murmura-t'il en soufflant une épaisse fumée dans l'esprit de la jeune femme.

"Non merci, je peux me débrouiller toute seule." C'est bon, elle venait de trouver un plan. Ça allait mal finir mais ça lui permettrai à elle et Sanna de s'échapper de ce bourbier incandescent.

"Comme tu veux, je reste dans le coin si jamais tu change d'avis..."

"Ça risque pas."

Samedi hurla quelque chose qui aurait pu s'apparenter au grognement d'un loup et agrippa la tête de la chose-Ingrid des deux mains. Les yeux de la jeune femme et du monstre prirent une couleur pâle, le genre qu'on apercevrait dans un clair de lune. La chaman draina son propre Pouvoir afin de drainer l'énergie vitale de son assaillant. Puisqu'elle ne pouvait pas la surpasser en force physique, autant lui retirer la sienne. Une telle action laisserait de grosses cicatrices mais c'était le prix à payer pour être apte à se tirer de cette mauvaise passe.

Rapidement, la chose-Ingrid perdit toute énergie et finit par simplement s'affaler sur Samedi. Cette-dernière poussa le poids mort qu'il l'entravait - car cette fois-ci elle pouvait être sûre que son adversaire était bel et bien mort - et se releva d'un bon. L'adrénaline et la surcharge de Pouvoir firent en sorte qu'elle ne sentait plus la douleur. Par contre, ces événements firent en sorte que physiquement elle le paye: la moitié droite de son visage ainsi que son bras droit s'étaient asséchés et paraissaient tels ceux d'une charogne. Ça ne faisait pas vraiment mal physiquement mais difficile de passer inaperçu avec ça pour un petit moment.

Suite à cela, elle descendit en vitesse les escaliers afin de rejoindre son amie.


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