AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Les Enfants Perdus [Samedi/Gerwald]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Tata Samedi
Bogari du forum
avatar

Membre : Coffee
Messages : 18
Réputation : 0
Date d'inscription : 08/02/2017

Feuille de personnage
Svaedi d'origine: Austrið
Héritage: Sorcellerie vaudou
Lien vers la présentation: http://haisrandhers.forumactif.org/t58-presentation-de-tata-samedi-termine#437

MessageSujet: Les Enfants Perdus [Samedi/Gerwald]   Mer 15 Fév - 17:42

Samedi s'était aventurée dans les bois à la recherche de plantes et d'ingrédients pour ses potions. Bien sûr, elle savait les dangers qui l'attendait là-bas dans les obscures forêts de l'Austrið. Et les voyageurs et habitants des villages qu'elle avait traversée n'ont pas manqués de les lui rappeler davantage, ni de l’assommer de mises en gardes.

"C'est dangereux", qu'ils avaient dit, "il y a toutes sortes de fées et de bêtes sauvages là-bas. Et puis il y a le Souffle de Hel aussi, il ramène les morts à la vie. Vous pouvez y croire à ça vous? Ben j'vous assure que c'est pas que des racontars... Sérieusement, c'est pas un endroit pour une jeune femme comme vous. Seule de surcroît. Vous feriez mieux de ne pas vous y aventurer, c'est à coup à mourir salement, croyez-moi..."

Et encore bien plus de recommandations et de mises en garde et de légendes à faire froid dans le dos à propos de tel ou tel monstre qui hantait l'endroit.

Samedi avait pris note de ces recommandations et, comme pour tout ce qu'on lui dit en général, elle posa cela dans un coin de sa mémoire et n'y prêta guère plus d'attention. Oui, la forêt était un endroit dangereux, mais elle savait se défendre, non? Après tout, elle allait simplement chercher quelques plantes et champignons, peut-être quelques insectes si elle en trouvait d'assez intéressants, et ensuite elle s'en irait. Ce n'est pas non plus comme si elle avait pour but de s'installer là-bas.

"Effectivement", se disait-elle intérieurement alors qu'elle progressait dans la pénombre de l'épaisse canopée, "c'était un bon plan alors comment pouvait-il mal tourner?"

Comme pour se moquer, le hululement d'un hibou vint lui répondre, perçant le silence du lieu comme un glas. La chaman sursauta et se maudit pour réagir aussi bêtement. C'était juste un hibou, pas besoin d'en faire tout une histoire.

Mais tout de même, il régnait là une étrange atmosphère, à la fois pesante et menaçante. Les ombres semblaient se mouvoir frénétiquement autour d'elle, mais plus elle y prêtait attention et moins elle semblaient bouger réellement. Il lui semblait entendre des chuchotements, mais ce ne furent probablement que le vent sifflant dans les feuillages. Et puis elle avait l'insidieuse sensation d'être suivie et observée. Bien entendu, les créatures qui se baladaient là devait être nombreuses, probablement, mais elle ne percevait rien de plus que des arbres et davantage d'obscurité. Peut-être toutes les histoires qu'ont lui a racontées mêlées à l'ambiance oppressante et lugubre de l'endroit exacerbait son sentiment de malaise...

"Non", se disait-elle intérieurement en jetant des regards frénétiques dans toutes les directions, "quelque chose me suit, j'en suis sûre."

Derrière un arbre à quelques pas d'elle Samedi cru apercevoir une silhouette se dissimuler furtivement dans l'ombre. Avant qu'elle n'aie eu le temps de réagir d'une quelconque manière un bruit sourd vint faire trembler le sol. Un bruit semblable à un arbre qui se faisait abattre d'un coup sec. A plusieurs mètres derrière la chaman une forme massive s'avança lourdement, poussant les arbres jusqu'à les déraciner pour se frayer un chemin. C'était une forme humanoïde, plus grande qu'un homme, laide, la peau couverte de pustules et de poils. La chose ne portait pas de vêtement mais Samedi aurait préférée que ce soit le cas, ce qu'elle voyait n'était pas du tout agréable à regarder.

"Un troll", dit-elle dépitée, "c'est bien ma veine."

Le troll lui répondit par un grognement guttural qui résonna à travers les bois.


Dernière édition par Tata Samedi le Dim 19 Fév - 7:02, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gerwald Wargsson
Bogari du forum
avatar

Membre : Coffee
Messages : 16
Réputation : 0
Date d'inscription : 12/02/2017

Feuille de personnage
Svaedi d'origine: Norðrið
Héritage: Mutations
Lien vers la présentation: http://haisrandhers.forumactif.org/t62-presentation-de-gerwald-termine#450

MessageSujet: Re: Les Enfants Perdus [Samedi/Gerwald]   Jeu 16 Fév - 14:02

Il y avait comme de l’électricité dans l'air, tout était si calme. Trop calme. Comme avant un orage. Ou peut-être quelque chose de pire encore...

Ces derniers jours, Gerwald errait sans réel but au pieds des Scandes. Il y avait repérer il y a peu une grotte qui, sans aucun doute possible vu l'état dégoûtant dans laquelle elle était, était le refuge d'un troll. Malheureusement, et au grand désarroi du mutant, l'habitant n'était pas là. C'est que Gerwald aurait beaucoup apprécier affronter un troll, ils savent se montrer des adversaires redoutables et intéressants ceux-là. Maintenant qu'il savait qu'un troll dans le coin, la bête en lui était intenable et ne pouvait penser à autre chose qu'à ce troll. C'en était une obsession, il fallait trouver ce troll et le cogner. Gerwald n'avait d'autre choix que de suivre la piste de la créature, ne serait-ce que pour faire taire la Bête, s'il ne le faisait pas elle allait encore prendre le dessus. Et puis, un troll c'est toujours amusant à affronter, donc il se mit en route, suivant l'odeur du monstre et remontant sa piste.

Plus tard... Gerwald suivait sa proie depuis plusieurs jours déjà. Il pensait s'être fait distancer car la piste n'était plus qu'à peine perceptible, mais après un certain temps, à l'approche de l'orée de la forêt, il su qu'il avais bien fait de persévérer dans la tâche. La piste était on ne peut plus claire. Et fraîche de surcroît. Une forte odeur nauséabonde, des arbres penchés violemment et déracinés, de grosses traces de pattes humanoïde... Pas de doute, le troll était passé par là il y a peu. Le mutant s’enfonça donc dans les bois sans perdre plus de temps. La Bête, sentant le troll comme s'il était déjà face à elle, grognait et se tordait d'excitation.

"Je peux déjà le sentir... Je lui dévorerais le cœur en premier. Non! Non, je lui dévorerais le foie d'abord..." Et c'était reparti pensais Gerwald, la Bête était repartie dans son débat intérieur habituel avant chaque affrontement pour savoir quelle torture elle allait infliger à son adversaire.

"Ferme-là," cracha Gerwald. Il détestait avoir à écouter ça.

Un craquement sourd retentit. Un arbre tomba lourdement au sol et l'écho du choc résonna dans toute la forêt. Le mutant pressa le pas et accourut dans la direction du bruit.

Mais alors qu'il courait, quelque chose vint frapper ses sens. Le troll n'était plus très loin mais il n'était pas seul. Il y avait quelqu'un d'autre avec lui, un humain... Il voulut s'arrêter pour réfléchir à une approche mais la Bête ne l'entendait pas de cette oreille et le poussa à continuer de bêtement foncer dans le tas. Il suivit donc le mouvement, excité lui-aussi par le combat à venir.

Après quelques arbres couchés comme suite à une violente tempête, Gerwald aperçut la silhouette massive du troll, de dos. Sans hésiter il pris appui sur ses pieds et se jeta sur le dos de la créature, griffes en avant pour s'y accrocher. Il attrapa les épaules de la créature mais ses griffes ne s'enfoncèrent qu'à peine. C'est vrai, se dit-il, j'avais oublié qu'ils avaient la peau aussi solide ces bestiaux-là. Le troll fit pivoter son torse et balança un bras démesuré vers le mutant, fixé sur lui dans une position qui aurait paru gênante pour beaucoup d'autres hommes, mais pas Gerwald car la honte était un sentiment qu'il ne connaissait pas. Une grosse main vint le saisir à la taille et le projeta contre un arbre plus loin.

Avec un grognement de douleur, Gerwald tomba au sol. Là il remarqua qu'il n'était pas seul avec le troll ici. Il y avait quelqu'un d'autre - la personne dont il avait sentie la présence plus tôt. Une jeune femme avec un crâne peint sur le visage.

Il n'y prêta tout de même guère plus d'attention et, après s'être relever rapidement, il se jeta sur le troll, prêt à en découdre. Il avait traqué cette créature depuis bien trop longtemps déjà, maintenant c'était le moment de lui taper dessus.

"Massacre-le! Lacère sa chair et brise ses os!" La Bête tirait sur les chaînes qui la retenait dans sa prison mentale. Mais Gerwald gardait le contrôle pour le moment, il pouvait simplement se concentrer sur le combat avec le troll.

Le troll poussa un cri guttural et se tapa la poitrine en geste de provocation. Lui aussi mourait d'envie de taper sur quelque chose.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tata Samedi
Bogari du forum
avatar

Membre : Coffee
Messages : 18
Réputation : 0
Date d'inscription : 08/02/2017

Feuille de personnage
Svaedi d'origine: Austrið
Héritage: Sorcellerie vaudou
Lien vers la présentation: http://haisrandhers.forumactif.org/t58-presentation-de-tata-samedi-termine#437

MessageSujet: Re: Les Enfants Perdus [Samedi/Gerwald]   Dim 19 Fév - 7:52

Samedi avait dégainé l'un des couteaux de chasse à sa ceinture et le tenait fermement en main. Elle se disait qu'elle ne survivrais probablement pas à un affrontement avec un troll, pas au milieu des bois comme ça, sans réel armement et prise par surprise.

"Quelle idiote!" se dit-elle pour elle-même, "j'aurai dû y réfléchir à deux fois avant de m'aventurer seule par ici."

Pourtant, bien qu'effrayé par le monstre face à elle et souhaitant fermement partir d'ici en courant, quelque chose d'autre la chiffonnait. La forêt était extrêmement calme. Beaucoup trop calme...

Bien sûr, à quelque mètres de la chaman il y avait un troll qui n'avait pas du tout l'air amical et bien décidé à la manger, mais en oubliant cette énorme détail couvert de poils et de pustules tout avait un petit quelque chose de déplacé. Sûrement que la présence du monstre avait fais fuir tout les habitants de la forêts. Sûrement aussi qu'un troll soit suffisant pour que toutes formes de prédateurs se sentent menacés et fuient pour se mettre à l'abri, après tout les troll sont des créatures redoutables et impitoyables. Mais quand même, l'atmosphère ici était trop dérangeante. Un sentiment insidieux d'étrangeté et de menace cachée planait lourdement comme une brume épaisse, serpentant entre les arbres lugubres et suintant dans la chair elle-même jusqu'à y réveiller une peur primale, le genre de peur que ressent une proie en présence d'un prédateur qu'elle ne parviens pas à identifier.

Entre les arbres, plus loin, se déplaçant furtivement dans la pénombre, Samedi cru apercevoir des silhouettes et elle se sentait observée.

Le troll marchait lourdement dans sa direction, brisant les branches qui entravaient sa progression et poussant les arbres trop près de lui. Samedi était toujours plongée dans ses réflexions, à tenter de percer le mystère du lieu, et ne réagit pas vraiment au troll qui s'avançait. Une personne sensée et lucide aurait pris ses jambes à son cou et aurait foncé à toute berzingue dans la direction opposée, mais pas elle.

Le troll leva un bras et fut arrêté dans son mouvement par une forme sombre jaillissant des fourrés. Samedi recula pour éviter les coups du troll qui se tortillait pour se dégager de son mystérieux assaillant. Le monstre attrapa à pleine main le nouveau venu et le projeta contre un arbre où il s'écrasa avec un grognement sourd.

Alors, Samedi pu à loisir observer celui qui a distrait le troll. Elle aurait très bien pu utiliser cette opportunité pour fuir, mais la curiosité était trop forte. De prime abord Samedi pris le nouveau venu pour une bête sauvage. L'erreur était compréhensible car les premiers détails visibles étaient une tignasse sombre et hirsute, une peau de bête et de longs bras griffus. Ça avait tout d'un énorme loup il faut l'avouer. Mais lorsque le "loup" se releva Samedi compris son erreur et vit que c'était un homme à l'allure négligée et sale, vêtu simplement d'un pantalon de peau usé et déchiré et d'une peau de loup accroché sur les épaules comme une cape rudimentaire.

L'espace d'un instant leurs regards se croisèrent. Le premier détail qui frappa Samedi se trouva dans les yeux de l'homme. C'étaient des yeux de loups, ambrés et perçant, cachant une bestialité que le genre humain nie depuis une éternité. Puis elle remarqua les multiples cicatrices qui lacéraient son visage et le sourire tordu qu'il avait, révélant moult dents qui auraient étaient plus à leur place dans la mâchoire d'un loup.

"V-v... vous... j-je..." Samedi essaya de dire quelque chose mais l'homme à l'allure de bête n'était déjà plus là. En un éclair il était retourné se battre contre le troll, lui sautant dessus comme un prédateur sur sa proie.


Dernière édition par Tata Samedi le Dim 19 Fév - 10:36, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gerwald Wargsson
Bogari du forum
avatar

Membre : Coffee
Messages : 16
Réputation : 0
Date d'inscription : 12/02/2017

Feuille de personnage
Svaedi d'origine: Norðrið
Héritage: Mutations
Lien vers la présentation: http://haisrandhers.forumactif.org/t62-presentation-de-gerwald-termine#450

MessageSujet: Re: Les Enfants Perdus [Samedi/Gerwald]   Dim 19 Fév - 10:31

D'un bond leste Gerwald sauta sur le troll et fut accueilli par un énorme coup de poing en travers de la mâchoire. Il fut stoppé dans son mouvement et renvoyé d'où il venait mais, tel un chat, il retomba sur ses pieds griffus et retourna à la charge. Cette fois-ci il fit un pas de côté pour attaquer le troll par le flanc tout en essayant d'éviter les coups de ce-dernier. Promptement, il réussi à se frayer un passage à travers la garde quasi inexistante du monstre et lui sauta à la gorge. Le mutant parvint à lui planter ses griffes profondément dans la chair, suffisamment pour en déchirer la chair.

D'un coup d'un seul il asséna un coup de griffes au visage repoussant du troll. Le coup laissa une grosse traînée de griffures dont s'écoulait une bourbe infâme, le sang de la créature. Le troll cracha et hurla de douleur puis saisi le mutant au niveau de taille et tenta de le dégager. Ce fut chose aisée, l'épaisse peau du troll empêchait Gerwald de trop y enfoncer ses griffes. Le monstre parvint donc à le dégager mais avant de se faire jeter contre un arbre à nouveau, le mutant parvint à profondément lacérer le visage du troll.

En se remettant sur pieds, Gerwald vit que le monstre n'avait plus qu'un œil valide, l'autre n'étant désormais plus qu'un orbite vide et sanglant au milieu d'une mosaïque de griffures. Au moins, se dit-il, j'ai pu éborgner cette saloperie.

La Bête dans sa geôle psychique hurlait d'exaltation au son des chaînes qu'elle secouait frénétiquement.

Le troll pris un tronc d'arbre avec ses deux mains disproportionnées et le déracina d'un coup sec comme si ce n'était qu'une plante qu'il arrachait. Mais une plante qu'il arrachait avec une violence inouïe alors. Il pris le tronc d'arbre à deux main pour s'en faire une massue de fortune.

Avec célérité le mutant chargea mais se pris un tronc d'arbre en plein dans la poitrine. Le troll semblait plus rapide et plus agile qu'il n'en avais l'air. L'impact du choc était si puissant que Gerwald fut projeter plusieurs mètres plus loin où un autre arbre amorti sa chute et le mutant le percuta si fort qu'il se brisa. Si Gerwald avait eu vent d'un certain sport pratiqué au temps de l'Hier impliquant une batte et une balle, il aurait pu applaudir le troll pour son action et donner un point à son équipe.

"Aaaah... T'as besoin d'aide?" demanda la Bête alors que Gerwald crachait des gerbes de sang écarlate en essayant de se relever.

"Ferme-la, je m'en sors très bien tout seul!" cracha le mutant.

"Je vois ça," dit-elle, moqueuse.

Gerwald poussa un hurlement guttural provenant des profondeurs de sa gorge, un cri plus proche de celui d'une bête sauvage qu'autre chose. Le troll lui répondit en faisant de même et abattit son gourdin sylvain sur le mutant. Ce-dernier pris le coup de plein fouet sans broncher. La douleur provoquée par le coup était si forte qu'il ne sentait plus rien, toutes ses terminaisons nerveuses avaient abandonnées leurs postes.

Quelque part dans un lieu semblable à un cachot plongé dans la pénombre... Un cliquetis de chaînes. Une forte respiration et un grognement bestial... Un loup géant relié au murs par d'énormes chaînes terminées par d'énormes épées plantées dans sa chair pour l'empêcher de trop bouger...

"Tu crois que tu va te relever petit homme?" Question rhétorique, la Bête ne s'attendait pas à une quelconque réponse.

"Putain de troll!" Gerwald se tordait de douleur. "Il est très fort, trop fort peut-être..."

"Aucun ennemi n'est assez fort pour nous, rien ne peux nous arrêter. Tu es juste trop pressé et trop inconséquent dans tes décisions, attaquer ce troll de front comme ça était stupide et voué à l'échec... Pour un homme en tout cas..." La Bête souriait et révélait d'immenses crocs blancs comme l'ivoire.

"J'en ai marre..."

Gerwald ferma les yeux et se laissa bercer par les grognements de la Bête et les borborygmes indicibles du troll.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tata Samedi
Bogari du forum
avatar

Membre : Coffee
Messages : 18
Réputation : 0
Date d'inscription : 08/02/2017

Feuille de personnage
Svaedi d'origine: Austrið
Héritage: Sorcellerie vaudou
Lien vers la présentation: http://haisrandhers.forumactif.org/t58-presentation-de-tata-samedi-termine#437

MessageSujet: Re: Les Enfants Perdus [Samedi/Gerwald]   Mar 21 Fév - 19:45

Avec une célérité hors du commun et la hargne d'une bête sauvage, le nouvel arrivant se jeta à nouveau sur le troll. Il se battait sans relâche mais le troll semblait un adversaire trop fort. Samedi, ne savant quoi faire, tiraillée entre aider l'étranger bien qu'elle n'en était sûrement pas en mesure et s'enfuir au plus vite, restait pantoise.

Près d'elle, entre les arbres, des yeux l'observaient et des voix comme le vent dans les feuilles murmuraient des choses qu'elle ne comprenait pas. Des yeux comme des perles, brillants d'une lueur surnaturelle... Des voix d'enfants... De petites silhouettes qui se déplaçaient rapidement...

"Méchant troll!" piailla une petite voix. Une voix d'enfant.

Plusieurs silhouettes surgirent de derrière les arbres et, de là où elle se tenait, Samedi pu les voir distinctement. C'étaient des enfants. Très jeunes. Les plus vieux n'avaient pas l'air d'avoir dix ans. Ils étaient vêtus de manière rudimentaire, des peaux de bêtes grossièrement travaillées, de la fourrure provenant de divers animaux, et ils avaient chacun une arme à l'aspect primitif mais qui pourraient aisément être redoutables, des lances ou des haches. Samedi pensa être en présence d'une tribu d'un autre âge, oubliée par le temps et la mémoire... Mais, hormis le fait que ce soient des enfants, un autre détail l'intriguait : leurs yeux. Il y avait une étrange lueur dans leurs yeux qui n'avait rien d'humain. Un rougeoiement dans des iris sans pupilles.

"Méchant troll! Il faut se cacher," dit une petite fille attrapant Samedi par la main et la traînant plus avant dans la forêt.

Derrière, le troll et l'étranger hurlait de rage et de douleur. Les enfants murmuraient entre eux mais leurs chuchotements ressemblaient moins à un langage qu'à une série de grognements gutturaux. Le genre que produiraient des animaux pour communiquer, ou le genre qu'auraient produits les premières peuplades humaines avant qu'elles ne parviennent à maîtriser la parole. Le tout entrecoupés de mots maladroitement prononcés, comme s'ils n'avaient jamais réellement appris à parler et ne faisaient que répéter des bribes de choses appris sur le tas.

"Curieux," se dit Samedi, "la petite fille avait prononcé des paroles intelligibles mais les autres ne semblaient pas parler la même langue." Puis il remarqua que la petite fille en question paraissait plus âgée que la vaste majorité des autres enfants. Et il y avait une différence vestimentaire entre la petite fille et les autres enfants, ses habits à elle étaient plus travaillés et agrémentés de petits bijoux grossiers faits de pailles, de plume et d'os. Samedi y reconnu sa propre méthode d'appareil et en déduit que la petite fille était un genre de chaman dans cette petite tribu singulière.

"Méchant troll! Faut aider les étrangers. Tuer le troll." La petite fille dit cela sur un ton de commande en pointant vers l'endroit ou le troll et l'homme se battaient. Elle devait probablement, pensais Samedi, être aussi un genre de matriarche ou de chef d'une quelconque sorte.

"Tuer troll! Tuer troll!" Les enfants agitaient frénétiquement leurs armes et poussèrent des cris gutturaux avant de foncer vers le troll. La petite fille quant à elle resta en arrière avec Samedi qui, perplexe par ce dont elle était témoin, ne dis mot et ne sut que faire.

Alors que le troll s’apprêtait à abattre un tronc d'arbre sur son assaillant pour l'achever, les enfants s'approchèrent de lui par derrière et lui plantèrent leurs lances dans les jambes, ou bien lui tailladèrent les chevilles avec leurs haches. Le troll hurla de douleur et en lâcha son gourdin de fortune qui alla s'écraser à moitié sur l'homme. Avant que le monstre ne puissent riposter les enfants continuaient à le transpercer et à lui entailler les jambes pour le faire chuter. Une fois le troll au sol, ils plantèrent leurs armes partout où ce fut possible, tout en évitant les coups de bras du monstre qui refusait de se laisser faire comme cela. Mais les enfants étaient trop nombreux et il semblaient en venir toujours plus d'autres de derrière les arbres. Il finit par y en avoir tellement que Samedi ne put rien distinguer d'autre qu'une masse informe hérissée de pointes autour de laquelle dansaient une myriade de petites silhouettes.

"Troll mort! Troll mort!" chantaient-ils.

"Va étrangère," dis la petite fille à Samedi, "amène l'autre étranger en sécurité. Il est blessé. Il faut le soigner."

"D'accord," dit Samedi, "par où est votre village?"

"Non! Non, pas notre village. Les Grands n'ont pas droit d'y aller. Tu dois aller au village des Grands par là-bas." Elle pointa vers l'ouest.

"Hmm... D'accord..." Pendant un instant Samedi se dit que tout cela n'était sûrement qu'un rêve et qu'elle allait bientôt se réveiller. Mais lorsque deux enfants l'aidèrent à soulever l'étranger elle compris que non, tout ça était réellement en train d'arriver. "Il est plus lourd qu'il en a l'air lui," souffla-t'elle en passant un bras de l'homme autour de ses épaules. Il n'était pas vraiment conscient mais ses jambes semblaient répondre et il marchait lentement de concert avec elle.

"Merci," dit Samedi en passant près de la petite fille.

"Chut! Faut allez au village des Grands maintenant. Il y a pleins de monstres dans la forêt."

Samedi suivit le conseil de la petite fille et s'en alla vers la direction indiquée en traînant avec elle le blessé. Plusieurs entailles, quelques os fêlés, il devrait s'en sortir. A elle toute seule elle pouvait s'occuper de telles blessures, il n'y avait rien de très grave. Il fallait juste trouver un endroit calme et à l'abri pour ça.

"N'empêche" se disait Samedi pour elle-même, "tout cela était bien étrange, surtout ces enfants, il y avait quelque chose d'étrange avec eux..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gerwald Wargsson
Bogari du forum
avatar

Membre : Coffee
Messages : 16
Réputation : 0
Date d'inscription : 12/02/2017

Feuille de personnage
Svaedi d'origine: Norðrið
Héritage: Mutations
Lien vers la présentation: http://haisrandhers.forumactif.org/t62-presentation-de-gerwald-termine#450

MessageSujet: Re: Les Enfants Perdus [Samedi/Gerwald]   Sam 25 Fév - 15:44

Quelque part au pieds des Scandes... Une tour de pierres sombres se tenant au milieu de la neige... Blanc. Du blanc partout à perte de vue... Et le silence. Pas un bruit...

Puis vint un chariot traîné par une bête étrange. Un petit garçon au cheveux noirs et aux yeux jaunes pleure à l'arrière du chariot. Des hommes à la mine menaçante lui ordonnent de se taire. Alors, effrayé, il se tait, sanglotant silencieusement. Le véhicule se dirige vers la tour, sombre et terrifiante, un monolithe cauchemardesque au milieu d'un désert enneigé. Les hommes mettent des chaînes aux poignets du petit garçon et le traînent à l'intérieur. Ils passent des couloirs et des salles remplies de créatures innommables. Des choses, jadis humaines, à l'aspect monstrueux. Des mutants. Des fées... Les hommes jettent le petit garçon dans une des cellules vides et l'enferment derrière une lourde porte de bois renforcée de plaques métalliques.

Un petit tas de paille dans un coin... Un sol et des murs de pierres... Aucune fenêtre, juste une faible lueur venant de dessous la porte... Des chaînes aux murs... Une odeur pestilentielle de sang, de sueur et de terreur mêlées... Le petit garçon pleure dans la pénombre. Quelque part, il sait qu'il est chez lui ici...

Des années plus tard, dans la tour. Le petit garçon est bien plus âgé. Son corps et couverts de cicatrices et de marques de brûlures. Ses yeux sont ceux d'un loup maintenant. Ses mains sont presque des griffes de bête. Cette tour est un enfer où les mutants sont torturés. Ont les emmènent alors qu'ils sont encore jeunes et ont les brisent physiquement et psychologiquement jusqu'à libérer les monstres en eux, jusqu'à ce qu'ils embrassent pleinement tout leurs potentiels. Et quelque part dans la psyché fracturée de ce mutant un loup ronge ses chaînes et attend son heure de gloire.

Chaque jour les hommes viennent dans sa cellule et l'emmènent avec eux dans l'une de leurs nombreuses salle de torture. Ils l'enchaînent aux murs et lui font subir milles souffrances. Ils le coupent, l'entaillent, le brûlent, le marquent... Et pire encore... Tout cela pour tester sa résistance et son potentiel de mutations...

"Réveille-toi..." grogne la Bête.

"Non!" hurle Gerwald en se réveillant, la tête noyé dans le brouillard des cauchemars mêlés aux souvenirs. Il ouvre les yeux et ne reconnaît pas l'endroit où il se trouve. On dirait l'intérieur d'une chaumière et il est dans un lit rudimentaire. Il entends du petit bois craquer dans des flammes. Un âtre! Il se relève de terreur mais est renvoyé sur le lit par la douleur. En passant une main sur son torse il remarque des bandages. Une grande partie de son corps en est recouvert.

Le brouillard dans son esprit laisse petit à petit place à la clarté. Par bribes il se souvient du combat contre le troll et comment il s'était fait écraser à plates coutures. Ce n'était pas normal, il avait déjà affronté et tué des trolls auparavant, pourquoi n'a-t'il pas été en mesure de se débarrasser de celui-là? Et puis il y avait autre chose aussi. Avant de sombrer dans l'inconscience il avait cru voir de petites silhouettes se jeter sur le troll. Des enfants peut-être? Pas moyen d'en être sûr, il n'avait presque rien vu. Et puis cette jeune femme aussi, qu'est-ce qui a bien pu lui arriver à celle-là?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tata Samedi
Bogari du forum
avatar

Membre : Coffee
Messages : 18
Réputation : 0
Date d'inscription : 08/02/2017

Feuille de personnage
Svaedi d'origine: Austrið
Héritage: Sorcellerie vaudou
Lien vers la présentation: http://haisrandhers.forumactif.org/t58-presentation-de-tata-samedi-termine#437

MessageSujet: Re: Les Enfants Perdus [Samedi/Gerwald]   Mer 1 Mar - 7:04

Dans une chaumière, Samedi fait cuire de la soupe au-dessus des flammes de l'âtre. Avec une cuillère en bois elle touille un épais liquide à la couleur incertaine, virant du gris au brunâtre en passant par un rouge carmin. De temps à autre le contenu de la casserole fait des bulles et dessine d'étranges arabesques autour de la cuillère que la jeune femme agite sans vraiment y prêter attention.

"Ce n'est pas l'apparence qui compte," se dit Samedi à elle-même, "la soupe à l'air bizarre mais elle est bonne..." Elle n'en a pas encore goûtée mais elle est confiance. Sinon, quel genre de chaman serait-elle si elle ne réussissait pas ses breuvages?

Un gémissement de douleur la tire de ses réflexions. Le blessé s'était réveillé. Samedi quitta son poste et s'approcha de lui.

"Doucement," dit-elle, "vous allez rouvrir vos blessures. Reposez vous encore un peu." L'homme était sur le dos, un bras enroulé de bandages entourant ses côtes bandées elles-aussi. Sous les bandages, tous le reste de son corps était recouverts de cicatrices. Elle pouvait l’assurer car elle avait appliquer elle-même tous ces bandages, et pour ce faire elle avait du déshabiller son patient. Pas qu'il portait moult vêtements de base non plus. Par ailleurs, la jeune femme remarqua que le regard de l'homme semblait obnubilé par les flammes de l'âtre, effrayé presque. "Vous voulez de la soupe? Ça va vous aider à vous remettre sur pieds." Sur ce elle se dirigea vers la casserole et entreprit de remplir les deux bols posés sur la table au milieu de la chaumière.

En faisant cela, elle se dit qu'elle devait absolument remercier les villageois comme il se devait. Après tout, elle avait débarqué en pleine journée, un homme blessé sous le bras, et ils lui avaient fourni cette chaumière inutilisée et offerts du matériel pour soigner le blessé. Elle devait absolument leur montrer sa gratitude.

Samedi versa la soupe au couleurs singulières dans deux bols - un pour le blessé, l'autre pour elle-même - et les amena vers le lit où était couché l'homme.

"Tenez," dit-elle en s'asseyant sur le lit, près de lui, "buvez, ça vous fera du bien. Je m'appelle Samedi, c'est quoi votre nom à vous?" Elle pris une cuillère de la soupe. Ce n'était pas de la grande cuisine, mais ce n'était pas dégoûtant non plus.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Les Enfants Perdus [Samedi/Gerwald]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» A la mémoire des enfants perdus [PV Bruce Wayne]
» Prière pour le dieu des enfants perdus... [ PV : Amerlyllian Die. Rosenberg]
» Les enfants perdus |Xaphan|
» [BloodBowl] Mon équipe : Les enfants du Curé...
» Aide speciale aux enfants du president Rene Preval!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Haïsrandhers :: Austrið :: Les grandes forêts-
Sauter vers: